Depuis plusieurs mois, le mouvement syndical étudiant joue les victimes devant la hausse des frais de scolarité prévue dans le dernier budget du gouvernement du Québec. Ils dénoncent devant qui veut l’entendre que les seuls gagnants de cette nouvelle politique seront les grands capitaux et les gens riches. Lorsque l’on prend une pause et que l’on fait une réflexion sur le sujet, on découvre pourtant que la hausse des frais de scolarité profitera à court, moyen et long terme à l’ensemble des acteurs de notre société.
La hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement libéral est bénéfique pour l’ensemble de la société et non uniquement pour les grands capitaux. D’abord, les premiers gagnants sont sans aucun doute les étudiants. L’augmentation des coûts de l’enseignement sera proportionnelle à celle de la qualité de l’enseignement et à l’optimisation de leur réussite. L’éducation supérieure est, et a toujours été, un investissement sur notre avenir. Lorsqu’un investissement est plus élevé, sa rentabilité en est souvent améliorée. Les premiers grands gagnants de la hausse sont clairement les étudiants
Le rapport qualité-prix de l’enseignement augmentera grâce à l’apport des secondes grandes gagnantes de la hausse des frais de scolarité, les universités. Les institutions d’enseignement post-secondaire profiteront de la hausse comme les étudiants et, surtout, pour les étudiants. En éliminant d’abord leur dette accumulée depuis des années, telle que décrite dans un précédent article [1], elles pourront investir les surplus amenés par la hausse dans les ressources humaines ou dans leurs infrastructures. Les universités pourront offrir à leurs professeurs, chercheurs, cadres et employés de soutien des salaires concurrentiels. Ces nouvelles offres salariales leur permettront d’attirer chez nous des professeurs de renommée internationale qui permettront aux étudiants d’optimiser leur apprentissage et leur réussite. Les universités et leurs étudiants sont les deux premiers gagnants de la hausse des frais de scolarité.
Le troisième gagnant de la hausse est, comme l’annoncent déjà les syndicats étudiants, l’entreprise privé. Les entrepreneurs québécois ou étrangers qui choisissent d’investir au Québec disposeront d’une banque impressionnante de ressources humaines spécialisées et compétentes qui émergera des universités québécoises. Des gestionnaires, des ingénieurs, des médecins, des chercheurs, etc, tous formés dans des écoles de haut niveau profiteront aux entreprises qui pourront optimiser leur rendement, augmenter leur productivité et satisfaire les exigences internationales. Les entreprises, les universités et les étudiants font partie des gagnants de la hausse annoncée des frais de scolarité.
Le dernier grand gagnant est l’ensemble de la société québécoise. Les avantages qu’apportera la hausse sur nos trois précédents acteurs se répercuteront sur tous. Le Québec pourra se moderniser, devenir un chef de file dans plusieurs domaines et se construire une économie du savoir solide qui sera un exemple pour le monde. La reconnaissance internationale du Québec grandira et nous pourrons enfin nous dire fiers de l’endroit d’où nous venons.
La hausse des frais de scolarité n’a rien d’une loterie ou d’un plan pour ne faire qu’un seul gagnant comme le laissent entendre les syndicats étudiants du Québec. Étudiants, universités, entreprises et même l’ensemble de la société en sortiront tous victorieux. Celle-ci est au contraire la première étape vers l’autoréalisation de la société québécoise.
[1] http://princearthurherald.com/news/detail/?id=eed0e97f-be39-46ae-9e64-6e83636b0723