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Trump et la Russie : faire la part des choses

Le Président des États-Unis est-il au service du Kremlin? C’est la question que beaucoup se posent depuis le controversé sommet tenu à Helsinki entre Trump et Poutine. Et la question est totalement justifié puisqu’en surface, il semble que Trump n’ait que des mots d’admiration pour son homologue russe. Cependant, un regard plus approfondi sur les relations entre les deux pays suggère que le Président est un fervent croyant en la doctrine de son prédécesseur Theodore Roosevelt : Speak softly and carry a big stick. Et rassurez-vous, si Trump semble avoir abusé des douces paroles, il n’en a certainement pas oublié le bâton.

Depuis son entrée en fonction en janvier 2017, l’administration Trump a imposé et maintenu une série de sanctions à la Russie, limitant encore d’avantage le potentiel économique de celle-ci, qui possède une économie à peine plus importante que celle de l’État du Texas. Les sanctions imposées visent non seulement les secteurs économiques les plus importants de la Russie, tels la production de pétrole et d’acier, mais également ses acteurs les plus importants, soient divers oligarches et autres proches du gouvernement russe. On pensera notamment aux sanctions empêchant les banques russes ainsi que Gazprom d’effectuer des emprunts en dollars US, ainsi qu’aux interdictions imposées à de nombreuses entreprises et entrepreneurs russes de faire affaires directement ou indirectement avec les États-Unis. Aussi, n’oublions pas l’expulsion de 60 diplomates russes, suite à l’empoisonnement d’un ex-espion russe au Royaume-Uni.

Si les États-Unis semblent sévères sur le plan économique, c’est sur le plan géopolitique où l’administration Trump a réellement mis son pied à terre. La stratégie américaine est simple : limiter les aspirations expansionnistes russes et empêcher les alliés du Kremlin de se procurer l’arme nucléaire. C’est en effet sous la gouverne de Trump que les États-Unis ont procédé, en 2017, à la plus importante vente d’armement de guerre à l’Ukraine, évaluée a 41,5 millions de dollars américains. Alors que le Congrès avait approuvé une telle vente en 2014, c’est le Président Obama et son administration qui, ayant le dernier mot, ont choisi de bloquer la transaction. Ces armes ont évidemment pour vocation de permettre aux troupes Ukrainiennes de faire face efficacement à une armée russe officielle ou, comme on l’a vu en Crimée, clandestine.

Sur un tout autre terrain d’action, le choix de l’administration Trump d’appliquer la ligne dure envers le régime de Bachar al-Assad, téléguidé par Moscou, concernant l’utilisation d’armes chimiques envoie un message clair au Kremlin: les États-Unis ne tolèreront plus les tentatives de pays récalcitrants de se soustraire aux stipulations du droit international. Rappelons nous le fiasco de l’administration Obama et de sa ligne rouge, si rapidement oubliée lorsqu’est venu le moment d’agir. La mollesse démontrée par la précédente administration avait alors donné le feu vert au Kremlin de procéder à une litanie de manoeuvres militaires suspectes sur le territoire Syrien.  Finalement, c’est en Iran, allié de longue date de la Russie, que Trump a le plus récemment contrecarré l’agenda russe. En brisant l’accord nucléaire conclu entre l’administration Obama et le gouvernement iranien, Trump limite significativement la capacité de l’Iran de se procurer l’arme nucléaire et vient frustrer les visées géopolitiques de la Russie dans la région. C’est d’ailleurs la Russie qui est montée aux barricades la première afin de défendre l’accord et mettre en garde le Président contre son annulation.

Mais si Trump et son administration sont si stricts envers Moscou, pourquoi Trump ne tarit-il pas d’éloges envers Vladimir Poutine? Plusieurs explications sont possibles. S’agit-il d’une simple amitié entre les deux hommes ou est-ce que des choses plus sombres se trament en coulisses? Difficile à dire. Cependant, dans leur empressement à demander au Président de condamner son homologue russe, plusieurs semblent oublier que la Russie est toujours à la tête du deuxième plus important arsenal nucléaire au monde et demeure une puissance mondiale. Il est donc primordial d’entretenir une relation avec Moscou et de favoriser les rapprochement entre les deux pays, plutôt que de jeter de l’huile sur le feu. Comme la maxime le veut “Keep your friends close, but keep your enemies closer”.