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Andrea Bacon-Therrien
Ancienne réserviste fantassin, préposée aux bénéficiaires, étudiante au BAC en Sciences Politiques à l'UQAM, activiste environnementale, bénévole à Greenpeace, marraine à Plan International

Résumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele – Partie 3 – Dernière raison et période de questions

  1. Nous devons lutter en poursuivant d’autres objectifs

Bien que la conférence en soit m’a semblée intéressante, l’optique de prendre une direction différente pour aborder le sujet climatique est, à mon avis, de mise. Comme Mr. Ypersele l’a expliqué, en citant quelques auteurs qui ont abordés cette notion, il y a de nombreuses opportunités pour lutter tout en poursuivant d’autres objectifs sociétaux afin de mieux capter l’intérêt. En effet, pourquoi s’occuper du climat du futur si les gens s’intéressent au présent? C’est pourquoi le climat doit être intégré à des objectifs sociétaux du présent, ce qui est facilement réalisable si on prend la bonne approche. C’est une raison d’espérer… Et surtout, c’est une voie qu’on devrait exploiter davantage.

Sur ce, passons à la période de questions, qui s’est fait assez longue. Je ne mentionnerai que les questions qui, selon moi, sont les plus pertinentes. Veuillez noter que je reprends les questions ainsi que les réponses dans mes mots, n’ayant pas pu enregistrer la conférence.

Question : Pensez-vous que c’est possible pour 5 milliards de personnes de changer leurs habitudes en moins de 25 ans?

Mr. Ypersele : Le changement ne se fera pas aussi facilement, et le gouvernement aura une partie importante de responsabilité afin d’enligner les citoyens dans la bonne direction. Il est nécessaire que pour un changement, le contexte culturel suive la bonne direction. Ainsi, si les changements climatiques sont mis en lien immédiat avec des critères sociétaux actuels, le changement va se faire. Pour cela, il faut trouver l’intérêt le plus immédiat et le combiner avec les changements climatiques.

Question : En quelle mesure le GIEC tient en compte le méthane dans le contexte de la fonte du pergélisol?

[Précision pour vous chers lecteurs : pergélisol = la terre qui est gelée en permanence. Elle contient une somme importance de méthane prise dans la terre gelée et pourrait avoir un impact majeur sur les GES si le méthane du pergélisol est libéré en raison de l’augmentation de la température, et donc la disparition d’une partie du pergélisol]

Mr. Ypersele : Le CO2 est en cause de 80% du problème de GES, mais les autres gaz ne devraient pas être à négliger. La conférence ne pouvait pas aborder tous ces gaz, elle a été concentrée sur le CO2. Par contre, le méthane est 30 fois plus puissant que le CO2 sur une période de 100 ans et ne peut donc pas être négligé dans les études. Or, les impacts de la fonte du pergélisol, pouvant libérée une partie importante de méthane et de CO2, sont méconnues à l’heure actuelle

Question : Est-ce que les municipalités auraient un plus grand pouvoir que le niveau provincial afin de remédier à la situation?

Mr. Ypersele : Certainement. En fait, il existe le C40 qui compile les 40 villes les plus engagées au monde dans le domaine de la protection du climat. Il y a même des villes qui ont pris l’initiative d’appliquer les engagements de l’Accord de Paris comme si ceux-ci s’adressaient à eux et non au pays en entier. Un autre exemple serait le financement que plusieurs États américains ont donné pour un des pavillons à la COP23 malgré l’hostilité du président américain en matière environnementale.

[Précision : La COP23 s’est passée à Bonn en Novembre 2017!]

En soi, ce sont les trois questions qui, je crois, soulèvent des positions intéressantes et qui peuvent approfondir le sujet. Une des critiques que je pourrais porter à la conférence serait le fait qu’elle était beaucoup basée sur le GIEC, mais ce n’est pas très surprenant venant de son ancien vice-président. Cependant, le GIEC n’est pas 100% blanc, et avoir eu d’autres points de vue [Il a certes cité d’autres autours mais la conférence était basée en majorité sur le GIEC] aurait pu apporter un certain niveau critique aux analyses du GIEC qu’il a abordé durant sa conférence.