HomePopular ArticlesRésumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele – Partie 2 – « On utilise l’atmosphère comme grande poubelle gratuite »

Résumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele – Partie 2 – « On utilise l’atmosphère comme grande poubelle gratuite »

Afin de poursuivre le résumé de la conférence de Mr. Ypersele sur les changements climatiques, je vais tout de suite embarquer sur sa 5e raison de désespérer (ou d’espérer!)

  1. Les écosystèmes ainsi que des communautés humaines sont à risque

Cela va de soi. La température augmente trop rapidement pour que les écosystèmes s’adaptent. Des changements qui auraient dû se produire (ou pas) sur une période de milliers d’années se produisent en environ 100 ans. C’est drastique et nocif. Nous pouvons voir directement cet impact sur la barrière de coraux qui est à sa deuxième année de blanchissement lié à l’acidification des océans. Bien entendu, l’acidification et les changements climatiques sont tous les deux liés à la hausse du CO2 dans l’atmosphère. Comment le CO2 peut-il avoir un impact sur l’acidification des océans? Il l’explique très clairement : les océans captent le ¼ du CO2 présent dans l’atmosphère. Ce CO2 acidifie l’eau des océans. C’est simple, mais pourtant plusieurs semblent oublier ce fait. Les océans recyclent une partie du CO2, et pour cette raison les coraux sont en train de périr. En 2016, seulement 7% de la barrière de coraux n’avait pas été blanchie par l’acidification!

  1. On sait s’adapter aux changements

On sait beaucoup mieux qu’avant comment s’adapter aux changements climatiques. Nous ne sommes plus autant entourés de données vagues et imprécises comme au 20e siècle, où les spéculations fusaient sans réels plans d’actions ou de solutions concrètes. À ce jour, nous avons plusieurs solutions possibles et maintes et maintes fois étudiées. Bien entendu, les impacts de ses solutions n’ont pas été exploitées au complet, mais la science est une incertitude en soit, donc tant que nous n’aurons pas tenter, nous ne pourrons pas savoir si telle ou telle méthode pourrait fonctionner.

Ce que nous savons cependant, comme expliqué par Mr. Ypersele, c’est que nous sommes beaucoup mieux préparés qu’avant, MAIS nous savons également que l’adaptation aux changements climatiques a un coût et des limites, et que ce n’est pas tout qui peut être adapté.

  1. Le CO2 contribue à une pollution « stock »

Le concept de pollution « stock » est très simple à définir. Je vais utiliser la même comparaison que Mr. Yersele a pris. Disons que nous comparions la pollution « stock » à une pollution sonore. Une pollution sonore peut s’éliminer facilement. Vous pouvez fermer la fenêtre de votre appartement, vous pouvez changer d’endroit ou encore mettre des bouchons pour couper le son. Le CO2 ne marche pas ainsi. Il se s’évapore. Au contraire, le surplus de CO2 qui n’est pas recyclé dans le cycle de carbone (il s’agit du CO2 produit en excès par les humains) est stocké dans l’atmosphère pendant plusieurs années. C’est pourquoi même si nous arrêtons de produire du jour au lendemain des émissions, la température va continuer à augmenter avant de redescendre. C’est aussi pourquoi un seuil a été émis pour contrôler cette pente afin de me pas excéder des données critiques.

Il expliquait, concernant le cycle du carbone, qu’il avait parfois le commentaire de climato-septiques comme quoi les humaines n’étaient responsables que de 4% des émissions de CO2, et que les émissions naturelles produisaient 25 fois plus de CO2. Mr. Ydersele a précisé qu’il ne répondait plus à ce genre de questions, mais la réponse à mes yeux est évidente. La quantité de CO2 produite naturellement fait partie d’un cycle de carbone établit depuis des milliers d’années. Le Co2 est recyclé par photosynthèse et par les océans. Or, l’humain a débalancé ce cycle autant par l’augmentation des émissions que par la déforestation, ce qui déséquilibre grandement le cycle du carbone. C’est logique, non?

Comme le CO2 est une pollution stock, il y a un total des émissions cumulées dans l’atmosphère, qui sont d’ailleurs calculés depuis plusieurs années. Je vais tenter de vulgariser au maximum ce que Mr. Ypersele nous a expliqué par la suite. Donc, si nous voulons rester en dessous d’un réchauffement de 2°C (prenant en compte le CO2 déjà présent dans l’atmosphère) nous ne devons pas excéder les 3000 GTC02 dans l’atmosphère. En 2011, nous étions à 1900 GTCO2. Il nous restait donc 1000GTCO2 avant d’arriver au seuil butoir. Il précise qu’avec une croissance de 40GTCO2 actuelle, nous avons 25 ans pour trouver des solutions afin d’atteindre 2°C et plus.

Ce n’est pas une grande surprise de l’entendre dire qu’on doit donc décroitre vers un zéro émission d’ici la fin du siècle. Mais est-ce qu’un zéro émission est vraiment vivable, viable et réaliste? Selon le GIEC, et selon l’ONU, oui. C’est d’ailleurs pourquoi l’Accord de Paris mentionne le zéro émission de manière un peu plus vaste : il est écrit dans l’Accord que dans la deuxième moitié du 21e siècle, un équilibre entre les émissions et l’absorption doit être atteint. C’est la manière belle et bien formulée pour dire que les émissions doivent être nulles (ou négatives). Zéro. Nada. D’ici 2100.

  1. Les solutions existent

On a clairement compris d’où vient le problème, c’est un des points apportés par Mr. Ypersele. Aussi, les solutions existent. Certes, cela demande une implication et des ressources. Les solutions dont nous devrions mettre l’accent sur serait, selon le GIEC, l’efficacité énergétique (donc la gestion énergétique) ainsi que les énergies renouvelables. En effet, arriver à une émission nulle demande de quitter totalement les énergies fossiles. Mais comment y arriver? Un des moyens proposés par le GIEC dans le dernier rapport serait une taxation par GTCO2 rejeté dans l’atmosphère. Il y a bien évidemment une multitude de solutions au plan international, national, régional et municipal. Or, ce qui est clair, c’est que la baisse des émissions demande un changement des flux d’investissement vers ces deux domaines et une baisse des investissements dans les énergies fossiles.

  1. L’Accord de Paris est dynamique mais vide

Vide de sens pour le moment. Bien que l’accord fournisse un cadre dynamique, des mesures doivent être mises en œuvre par les pays signataires, mais ils doivent également relever leurs ambitions. Mr. Ypersele précise qu’il n’y a pas assez d’efforts fournis par les pays signataires pour remplir les exigences de l’Accord. En sera-t-il ainsi ?

Dans la dernière partie, je développerai sur la dernière raison qu’il a mentionné, ainsi que les questions les plus pertinentes qui furent relevés durant la période de question. Restez connectés!

 

 

 

 

 

 

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Ancienne réserviste fantassin, préposée aux bénéficiaires, étudiante au BAC en Sciences Politiques à l'UQAM, activiste environnementale, bénévole à Greenpeace, marraine à Plan International