HomeInternationalRésumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele Partie 1 – Bienvenue à Terra Incognita

Résumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele Partie 1 – Bienvenue à Terra Incognita

Mercredi se tenait une conférence sur les changements climatiques intitulée « Espoir sur fond de désespoir climatique » à l’amphithéâtre du pavillon des sciences de l’UQAM donnée par l’ancien vice-président du GIEC, Monsieur Jean-Pascal Van Ypersele. La salle est pleine, et les yeux sont attentifs, fixés sur le grand homme grisonnant qui se tient sur le podium. Il introduit sa conférence avec un certain humour en abordant les images prises par le satellite Cassini et oh combien la Terre est petite vue de Saturne. D’une manière plus sérieuse, M. Ypersele aborde tout d’abord avec une phrase clé : Ce n’est pas la planète qui est en danger, mais bien l’habitabilité de celle-ci. Or, l’habitabilité est en grande partie influencée par l’atmosphère, qui pour sa part est essentielle mais fragile. Sur cela, il présente une figure intéressante, démontrant les limites que nous avons atteint ou que nous risquons d’atteindre. Comme il l’a si bien dit, quelques sphères sont de loin dépassées, mais d’autres sont encore en bas du seuil que nous devons éviter. Cette figure est la suivante :

Le nom de sa conférence portant autant l’espoir et le désespoir, ceux-ci prends la forme de dix points clés qu’il nomme les 10 raisons du désespoir, ou de l’espoir. Pour être honnête, la majorité de ses points relèvent du désespoir, bien que j’aie perçu un optimiste et une confiance accrue dans le genre humain de la part de Mr. Ypersele. Voici donc, résumés dans mes mots mais en reprenant les données, les dix points essentiels de sa conférence.

  1. L’impact humain sur les changements climatiques est quasi certain

Bien que nous ayons tendance à remettre la faute des changements climatiques sur le dos du parcours naturel de la planète, la certitude de l’impact humaine sur les changements climatiques est de l’ordre de 95% dans le dernier rapport du GIEC. Pour expliquer cela, il débute par mentionner que 2017 était en 2e position au niveau du record de température. La raison pour laquelle l’an dernier se trouve en deuxième position au lieu de la première position relève du courant El Nino qui n’a pas été présent l’an dernier. Ceci dit, en absence du courant chaud El Nino, 2017 a su se placer en 2e position. C’est tout de même important considérant que la première position est remportée par l’année 2016, en présente du courant El Nino. Donc, si nous excluons El Nino en 2016, l’année dernière serait bel et bien l’année la plus chaude des 150 dernières années. Et en raison des données de plus en plus précises que la communauté scientifique a accumulé au cours des dernières années, il n’est maintenant plus possible de nier l’impact humain sur les changements climatiques.

  1. Nous menaçons l’habitabilité de notre planète.

L’un des impacts majeurs serait des vagues de chaleurs anormales, mais aussi l’intensité des pluies. Mp. Ypersele pose alors une question ouverte : «  Mais comment peut-il avoir plus de précipitations et de neige si la température augmente? » Il y répond immédiatement en expliquant que plus la température des eaux augmente, plus le niveau d’évaporation des océans augmente. Ce niveau d’évaporation fait en sorte qu’il y a plus de vapeur d’eau présent dans l’atmosphère, ce qui signifie une plus grande quantité d’eau et de neige.

Un des questionnements récents dont les scientifiques tentent de se pencher concerne les écarts extrêmes de température que nous semblons observer. En effet, les incendies en Californie dans la même période que les grands froids au Québec, que nous avons connu dernièrement seraient, peut-être, liés à l’étendue de la glace de mer dans l’Arctique. C’est une optique qui doit encore être recherchée, soit.

Je dois avouer que l’un des moments les plus remarquables de cette conférence à mes yeux résulte de la comparaison entre 1961 et 2003 d’un glacier recouvrant une partie de la Terre en Alaska. C’est tout à fait hallucinant de voir une telle différence à mon sens. Mais rassurez vous, ce n’est pas toute la glace du monde qui va fondre, sinon nous aurions une sérieuse panique mondiale. Mais j’y arriverai dans le prochain point.

  1. Nous serions dans une phase Terra Incognita

C’est-à-dire que nous vivons une période où l’être humain n’a jamais vu une telle concentration de CO2 dans l’atmosphère (410ppm) depuis 3 millions d’années. Et bien que les gouvernements parlent sans cesse du fameux 2°C critique, Mr. Ypersele prends le temps de mentionner que nous sommes actuellement dans une courbe (selon le rythme actuel) allant jusqu’à des prévisions dépassant une augmentation de 5°C. Il blague en disant que les Montréalais aimeraient probablement une petite hausse de 5°C, mais la température globale est un tout autre enjeu. En effet, la dernière fois qu’il y a eu une telle augmentation de température est il y a environ 20 000 ans. Or, l’augmentation que la planète a connu de l’ordre de 4 à 5°C s’est fait sur un très long terme, comparativement à 100 ans dans le cas actuel. C’est peu, et c’est beaucoup plus difficile pour les écosystèmes de s’adapter à un changement de température aussi rapide que nous le vivons actuellement. Mais prenons par exemple une fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique au-dessus d’une température mondiale trop élevée (pas de panique, cela peu prendre bien longtemps) augmenterait le niveau de la mer d’environ 70m. 70 MÈTRES. C’est pourquoi la communauté internationale tende à avoir un discours plutôt alarmiste sur un seuil à 2°C (1,5° selon l’Accord de Paris) afin, surtout, d’éviter la fonte de ses glaces, ce qui pourrait être totalement catastrophique.

  1. Le monde sera plus instable

Comme les changements climatiques affectent d’avantage les plus pauvres, cela va créer des inégalités encore plus marquées que présentement. En effet, il souligne que le monde est en général plus instable lorsqu’il y a des écarts d’inégalité plus importantes. J’ajouterai à ses mots qu’en soit, le monde vivra de conflits climatiques liés aux inégalités mondiales et nationales.

Afin de finir cette première partie, j’aimerais mentionner l’une des données que Mr. Ypersele a apporté qui résume bien les quatre premiers points de sa conférence: l’augmentation du niveau de la mer affectera particulièrement les personnes vivant proche des deltas. Il a pris l’exemple du Nil, où vivait 10 millions de personnes à moins d’un mètre d’altitude il y a 20 ans. Je ne veux même pas imaginer combien de gens y vivent présentement. Et combien d’entre eux devront être délocaliser je-ne-sais-où.

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Ancienne réserviste fantassin, préposée aux bénéficiaires, étudiante au BAC en Sciences Politiques à l'UQAM, activiste environnementale, bénévole à Greenpeace, marraine à Plan International