HomePopular ArticlesRégler le cas des CPE un amphithéâtre à la fois!!

Régler le cas des CPE un amphithéâtre à la fois!!

La semaine passée, Jean-François Lisée a surpris tout le monde avec une idée révolutionnaire pour sauver les CPE : On abolie la « taxe famille », on ramène les tarifs à un taux universel de 8,05$/jour et on promet plus de places, sans pour autant donner de chiffres précis, impressionnant.

Entre vous et moi, on sait déjà que cette restructuration est vouée à l’échec. Tant et aussi longtemps que c’est le gouvernement qui va gérer le mode de fonctionnement des CPE, ça va s’en-Lisée. J’ai entendu cette blague cette semaine et je l’ai trouvé vraiment bonne. Je ne mérite pas le crédit!

Les CPE, quel beau bordel pour tous ceux qui sont passés par là : milieu familial, privé subventionné, privé tout court, c’est très facile de s’y perdre. Prenant mon courage à deux mains, je me suis dit que ce serait amusant de démêler tout ça. Derrière chaque bibitte gouvernementale se cache un gaspillage d’argent et les CPE ne font pas exception.

Pour commencer, chaque année, environ 258 000 enfants fréquentent une garderie, peu importe laquelle:

  • CPE (environ 85 831 enfants)
  • CPE en milieu familial (environ 91 663 enfants)
  • Garderies privées subventionnées (environ 41 590 enfants)
  • Garderies privées non subventionnées (environ 39 000 enfants)

Quatre catégories, beaucoup de règles compliquées, plein de parents mélangés et de l’argent mal géré. Y aurait-il moyen de simplifier tout ça? Évidemment.

Le budget total pour le réseau des CPE est de 2 322 000 000$. En simplifiant la machine, on pourrait couper à 1 751 200 000$/an tout en améliorant la qualité du service. Cette restructuration nous ferait économiser 500 000 000$/an, soit un amphithéâtre de luxe par année. Difficile à croire? Pas vraiment.

Solution proposée :

La SUDSEG

Subvention universelle de service en garderie

Le principe est assez simple. Le gouvernement envoie une fois par année des chèques égaux à tous les parents d’enfants admissibles. Ces chèques sont échangeables dans n’importe quelle garderie certifiée, merci bonsoir. Évidemment, impossible d’aller faire son épicerie avec cet argent.

Le montant de ce chèque serait fixé à 6400$/an. Cette valeur est très facilement justifiable. En fouillant un brin, on peut rapidement déterminer que le prix minimum sur le marché pour une garderie privée sans subvention est d’environ 25$/jour. Si plusieurs garderies demandent 25$/jour, c’est qu’elles doivent être capables de faire leur frais, on s’entend. Sachant qu’il y a environ 256 jours de garderie/an, 25$ x 256 = 6400$. Par la suite, on laisse la place au libre marché.  Si une garderie veut charger un montant supplémentaire, libre à elle, ce serait aux parents de débourser la différence. À partir de là, le parent devient client et pour nos enfants, ce serait un avantage incroyable. Les parents ont le gros bout du bâton et les garderies devront être en réaction. Dans un milieu de saine compétition, la qualité des garderies ne pourra qu’augmenter. Que se passerait-il avec les grosses CPE? C’est assez simple… Le gouvernement devrait les vendre à l’encan.

Pour qu’un tel système fonctionne, il faudra évidemment que ce soit bien encadré. Attention, pas question d’octroyer des permis d’exploitation limités comme dans l’industrie du taxi. Comme mentionné plus tôt, ces garderies devraient tout simplement être certifiées. Tu veux opérer une garderie? Tu fais une demande, tu obtiens la certification, tu t’arranges pour la garder, aucune limite. Fini les garderies clandestines insalubres qui s’occupent mal de nos enfants.

Pour le contrôle, il suffirait de prendre la carte du Québec et de la séparer en 350 régions de 750 enfants. En se basant sur le personnel engagé présentement dans les bureaux chef des CPE, voici à quoi devrait ressembler l’équipe nécessaire à la gestion d’un tel système.

  • 350 bureaux qui supervisent environ 750 enfants chaque. 1 directeur par bureau
  • 2 inspecteurs par bureau qui s’occupent d’environ 375 enfants chaque pour environ 2 à 3 visites à l’improviste par année.
  • 1 aide pédagogique par bureau
  • 1 employé à la gestion des plaintes et des dossiers d’inspection
  • 1 agent de bureau

350 directeurs à 70 000$ = 24 500 000$

700 inspecteurs à 50 000$ = 35 000 000$

350 aides pédagogiques à 40 000$ = 14 000 000$

350 à la gestion des plaintes et des dossiers d’inspection à 40 000$ = 14 000 000$

350 agents de bureau à 30 000$ = 10 000 000$

Facture des bureaux de surveillance : 97 000 000$ (Mettons 100 000 000$ arrondi)

Voyons maintenant ce que ça coûterait au total…

  • Total d’enfants dans une ou l’autre de nos garderies : 258 000.
  • Nombre de jours de garderie par année : 256
  • Montant remis par enfant par jour aux parents sous forme de bon échangeable dans une garderie : 25$
  • Facture pour les bureaux de surveillance : 100 millions

(258 000  x  256  x  25) + 100 000 000 = 1 751 200 000$

Budget des CPE en 2016 : 2 322 000 000$

2.322 M – 1.751 M = 571 millions

Ok, vous allez me dire que tout ceci est théorique, je concède. Cependant, les seules valeurs qui ont été estimées sont les salaires des employés de bureau avec la quantité de travail que ça peut engendrer. J’avoue qu’avec les syndicats, ces chiffres pourraient varier. De plus, il faut tenir compte des dépenses reliées aux autos utilisées par les inspecteurs et au matériel de bureau. Ouin beau problème… Ah pis dla schnoutte, on est au gouvernement, vla 70 millions par année tombés du ciel pour ajuster le tout!

Si on tient compte de ce 70 millions, on sauve 500 millions par année! Vient-on de se payer un amphithéâtre de luxe par année? Oui.

En résumé c’est assez simple. Le gouvernement ramasse les impôts et redistribue les sommes équitablement sous forme d’argent de Monopoly pour garderie. Le gouvernement agi aussi comme chien de garde du système. Le gouvernement ne contrôle plus la gestion des CPE, mais seulement la surveillance. Le citoyen contrôle cet argent et la dépense comme bon lui semble dans la garderie de son choix.

J’ai sûrement oublié quelques détails, vous m’en excuserez. Cependant, j’ai la ferme impression que l’idée de fond est bonne et surtout applicable à notre réalité québécoise. N’hésitez pas à commenter et à partager si comme moi, vous rêvez d’un monde où la population reprend le contrôle sur ses impôts sans pour autant délaisser les moins bien nantis.