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Pourquoi la politique doit-elle changer en 2018?

Cela fait maintenant depuis les débuts de la Confédération canadienne qu’autant le provincial que le fédéral s’échangent, d’élections en élections, la balle entre deux partis. Plus précisément à partir de la Révolution tranquille, la démocratie a parlé et choisi une voix socialiste. Maintenant plus que jamais, une grande majorité de la population éprouve un certain dégoût face à la classe politique. Plusieurs ne se sentent pas du tout représentés. D’autres quant à eux, se sentent trop réglementés, trop de gouvernement dans l’espace public et bien évidemment trop imposés. Rajoutons à cela les scandales de corruption et de dilapidation de fonds publics qui rallie la quasi-totalité de la population face à ce dégoût. Mais que devrions-nous faire pour que la situation change?

Dans ma dernière chronique, j’ai traité de la question identitaire qui est, selon moi, le pilier du sentiment d’appartenance à une nation. Rajoutez le cynisme à cela et vous obtiendrez le cocktail parfait pour faire régner le statut quo dans un système en grands besoins de changement. Une des meilleures preuves à cette affirmation est le taux d’abstention de vote. Est-ce que le vote obligatoire ou au minimum, le vote électronique changerait quelque chose? À mon avis, non. Au mieux, le taux d’abstention diminuerait considérablement mais au point de vue des résultats, le vote obligatoire avantagerait des partis tel le Bloc pot ou le Parti rhinocéros, si vous voulez mon avis. Ceux qui s’abstiennent de voter, habituellement, voteraient maintenant pour la voie qui s’apparenterait le plus au cynisme en d’autres mots.

Philippe Couillard a déjà dit dans une conférence de presse, une phrase clé qui va exactement toucher le sujet principal de mon argumentaire: être premier ministre c’est aussi prendre des décisions qui vont parfois à l’encontre de la volonté populaire. Dans ce contexte particulier, je dois lui donner raison, car c’était à l’époque pour justifier la rigueur budgétaire de son gouvernement. Par contre, cette phrase s’applique à beaucoup d’autres situations où gouverner de la sorte alimentera plutôt le cynisme et l’image hautaine que la population se fait de la classe politique. Fin 2016-début 2017, nous avons vu la sortie de Rambo Gauthier et de Citoyens au pouvoir en réponse à ce cynisme. Vous voulez mon avis? Ce genre de gouvernement serait un des pires gouvernements dans l’histoire du Québec.

Que le citoyen ordinaire se sente totalement oublié, ça je peux totalement le comprendre. Je suis totalement du même avis. Cependant, un gouvernement a tout de même besoin d’une certaine élite à sa tête pour bien fonctionner. Par contre, sans dire qu’il existe des sous métiers, je suis camionneur et j’aurais du mal à me voir moi-même ministre des Transports. Cela dit, cette élite devra désormais se concentrer sur des sujets qui touchent directement la population si elle veut regagner la confiance du peuple. Autrement dit, elle devra faire de la politique de proximité et les députés devront réellement représenter la volonté de leur population plutôt que de suivre leur ligne de parti et se voter des motions à l’unanimité. Plusieurs dénoncent aussi le salaire que gagnent nos ministres et députés pour accompagner ce cynisme. À mon avis, ce salaire est amplement raisonnable et j’ajouterais même que l’allocation de transition est justifiée. Par contre, j’affirme ceci en prenant compte qu’un poste de député doit être compté comme un emploi sur un siège éjectable. C’est assez utopique de penser ainsi, mais un élu devrait toujours considérer son emploi comme étant un privilège de servir sa population et non un emploi permanent.

 

Chers élus, si vous avez pris le temps de lire cette critique, vous avez deux choix. Votre premier choix est de continuer dans une démocratie souffrant d’un manque flagrant de réformes et d’approbation de la population. Cette voie sera la plus facile, car vous conserverez vos postes par défaut grâce au vote stratégique. Votre deuxième option, la moins facile des deux, sera de mériter vos postes et ainsi augmenter considérablement le taux de participation en allant chercher les orphelins politiques. Il est absolument anormal qu’une société se dise démocratique avec un taux de participation moyen de 55%, qu’il soit au fédéral, provincial ou municipal.