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The Post ou la fin d’un âge d’or

Spielberg ne prend pas de risque. La critique reconnaissante lui rend hommage. Car à Hollywood, lorsqu’on ne nous refile pas un énième opus d’une trilogie de super héros, on se rabat sur les héros du quotidien. Et à cette formule, le public reconnaissant rend hommage.

Nous n’y trouvons rien à y redire! Et passons directement.

The Post nous plonge dans un ou plutôt des âges d’or finissants. D’abord, celui du patriarcat. Le film en a fait son thème principal et on le conçoit, mais parfois il en fait trop — et c’est malheureux. Oh! rien qui ne soit choquant pour le spectateur, juste quelques fils blancs ici et là.

Le second âge d’or finissant, c’est celui d’une certaine presse écrite et, j’ajoute, lue. Là, le film est beaucoup plus subtil. Et il faut être attentif. Ainsi, lorsqu’on écoute tous les dialogues, parfois secondaires, on apprend qu’un journaliste vedette n’a rien publié pendant quatre mois, temps durant lequel il s’est consacré à une piste d’ampleur et à vérifier toutes ses sources. On glane aussi, que cet article fera six pages dans le New York Times. Enfin Katherinne Graham, que campe merveilleusement bien Meryl Streep malgré des problèmes de perruque, propriétaire d’un journal n’a aucune influence sur le contenu de celui-ci. Ce qui se retrouve dans les feuilles du journal ne dépend que de son rédacteur en chef Benjamin Bradley incarné par Tom Hanks. Imaginez! Pour rappel, ce journal est le Washington Post.

Sans faire trop le Maya, on peut affirmer qu’un âge qui se termine c’est aussi un âge qui débute. Avec The Post et les Washington Papers, c’est l’époque des “Gates” qui commencent et qui enfle depuis.

Mais c’est aussi celle des femmes ouvertement ambitieuses, fonceuses et pour qui les postes dits masculins s’ouvrent et pas juste de patronne.

Pour les rares qui n’auraient pas encore accouru au cinéma, allez-y en marchant.