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Pierre Morin
Ex conseiller pol., dir. cabinet AssNat. Blogueur, twitteux, collaborateur au Prince Arthur Herald!

Marcher et mâcher de la gomme en même temps

J’affirme qu’en politique on vient tous de quelque part et on va tous quelque part, à part peut-être Adrien Pouliot du PCQ, mais ça, ça demeure anecdotique sur l’échiquier politique québécois.

Plus sérieusement, au cas où l’on comprendrait mon premier paragraphe qu’au premier niveau, affirmer, comme le fait Simon Leduc, que la main tendue de la Coalition Avenir Québec vers nos concitoyens anglophones est vouée à l’échec parce que François Legault est toujours un indépendantiste, c’est nier à l’électeur anglophone sa capacité de modifier son jugement.

Il écrit : « Malgré sa profession de foi à la cause fédéraliste, pour bien des gens, François Legault est encore et sera toujours un indépendantiste. Il ne faut pas oublier que c’est lui qui a écrit le budget de l’an 1 d’un Québec souverain. »

Oui, Legault défend le Québec à l’intérieur du Canada, l’Article premier des statuts de la Coalition Avenir Québec ne laisse aucun doute à ce sujet :

« La Coalition Avenir Québec est un parti nationaliste moderne dont l’objectif premier est d’assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture. »

Mais il est aussi vrai qu’il y en aura toujours pour le traiter d’indépendantiste, Don MacPherson de la Gazette, que cite Simon Leduc, en est un bon exemple. Si j’étais un péquiste qui adore tirer sur le messager, j’en aurais long à dire sur l’analyse biaisée de MacPherson, qui traite la CAQ de schizophrène, affirmant même que le clip en anglais “Join us! ” de François Legault est introuvable sur le site web de la CAQ, qu’il faut le chercher sur You Tube! Or, il n’y a aucun clip, anglais ou français, sur le site web du parti puisqu’ils sont tous sur son canal You Tube, disponible à partir de sa page d’accueil! Mais je ne le ferai pas.

Faut-il alors renoncer à parler aux Anglo-Québécois? Faut-il renoncer à prendre position sur les dossiers qui les concernent spécifiquement, comme ce fut le cas récemment avec le sous-financement du CUSM? Doit-on considérer que les débats politiques au Québec excluent de facto une partie importante de nos concitoyens?

Je ne le crois pas, d’autant que c’est exactement ce que souhaite le PLQ de Philippe Couillard, qui tient à protéger un électorat considéré de manière méprisante comme acquis. Les sorties de Geoff Kelly et de Gaétan Barrette suintaient la panique, à la suite de la conférence de presse des députées caquistes Lise Lavallée et Nathalie Roy, aux côtés des infirmières du CUSM, comme je l’écrivais dans mon dernier billet pour le Prince Arthur Herald. Elles démontrent surtout que la CAQ doit poursuivre ses efforts chez les Anglo-Québécois.

Je ne me berce pas d’illusions quant aux résultats électoraux à espérer, il faut être réaliste, mais une formation politique qui vise à former le prochain gouvernement ne peut ignorer 20% de la population de la province. Et cela, la CAQ peut le faire sans négliger l’électorat nationaliste dont parle Simon Leduc. Elle le fait déjà, les derniers sondages le démontrent clairement. Eh oui, les caquistes savent marcher tout en mâchant de la gomme!