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La CAQ et la communauté anglophone

La prochaine campagne électorale québécoise sera très longue. Elle semble être déjà enclenchée et la tentative de séduction de la CAQ envers les anglophones le prouve bien.  Cette dernière estime que le PLQ prend pour acquis cet électorat depuis trop longtemps. François Legault tente par tous les moyens d’élargir sa base électorale, mais je crois qu’il fait fausse route.

Dans sa chronique de samedi dernier, dans les pages de The Gazette, Don Macpherson nous rappelle que les anglophones ont toujours été très fidèles aux libéraux, surtout à cause de la menace séparatiste. Dans l’histoire récente du Québec, c’est arrivé seulement deux fois qu’une partie des anglos a tourné le dos aux troupes libérales. Aux élections de 1976, la communauté anglophone était furieuse contre le gouvernement Bourassa à cause de l’adoption de la Loi 22 qui faisait du français la langue officielle du Québec. L’Union nationale de Rodrigue Biron a obtenu le soutien d’une partie des anglophones et a fait élire onze députés. Mais c’est une renaissance qui fut éphémère pour le parti de Duplessis. Lors des élections de 1981, les Anglo-Québécois sont revenus au bercail libéral. En 1989, le Parti égalité a arraché quatre sièges aux libéraux. Les anglophones n’avaient pas digéré l’utilisation de la clause nonobstant par Robert Bourassa concernant la langue d’affichage.

J’estime que la CAQ n’aura pas de succès avec ces électeurs à cause du passé séparatiste de son chef. Malgré sa profession de foi à la cause fédéraliste, pour bien des gens, François Legault est encore et sera toujours un indépendantiste. Il ne faut pas oublier que c’est lui qui a écrit le budget de l’an 1 d’un Québec souverain. Les anglophones n’ont pas oublié ça et c’est pour cette raison que la stratégie de la CAQ est vouée à l’échec.

Elle devrait plutôt se concentrer sur l’électorat nationaliste, car c’est avec son appui massif que la Coalition Avenir Québec peut espérer former le prochain gouvernement.