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Montréal, l’industrielle : Hochelaga-Maisonneuve

Le territoire du quartier Hochelaga-Maisonneuve est délimité par la rue Sherbrooke Est au nord, par la voie ferrée du Canadien Pacifique à l’ouest, par le fleuve Saint-Laurent au sud et par la rue Dickson à l’est. Pendant des décennies, ce quartier de l’est de Montréal a possédé une grande renommée industrielle. L’industrialisation du quartier a eu lieu après celle du Sud-Ouest de Montréal ou, plus précisément, après celle des quartiers Saint-Henri, Sainte-Cunégonde et Pointe-Saint-Charles., 

L’industrialisation du quartier ouvrier a été réalisée principalement grâce aux industries de l’agroalimentaire, de la manufacture et du transport. Un nombre considérable de compagnies a choisi de s’installer à Hochelaga-Maisonneuve pour y faire des affaires. Cette forte présence industrielle a permis à ce quartier de devenir l’un des plus prospères de Montréal. 

Les bateaux de la Canadian Vickers 

Le caractère riverain du quartier Hochelaga-Maisonneuve semble jouer en sa faveur : en effet, on y voit un essor d’entreprises spécialisées en construction de paquebots. L’une des plus célèbres est la Canadian Vickers. Au pied du boulevard Viau, le complexe industriel fabriquait autrefois de nombreux types de bateaux et autres équipements militaires pour l’armée canadienne. Florissant pendant des décennies, l’ensemble industriel fut une unité de production plus qu’utile pour le pays en matière de défense nationale ou commerciale. Le seul témoin de ce fleuron industriel encore présent dans le paysage montréalais est localisé au 3400 rue Notre-Dame Est. La majorité du complexe est démoli et, aujourd’hui, un terminal céréalier occupe les terrains de la Canadian Vickers. 

Les locomotives de la Montreal Locomotive Workshop

Il y a eu une entreprise de fabrication de locomotives sur la rue Dickson, dans l’Est de Montréal. En effet, la compagnie Montreal Locomotive Workshop exploitait un immense complexe industriel qui s’étendait entre la rue Notre-Dame Est et l’avenue Souligny. Connecté au réseau ferroviaire, la Montreal Locomotive Workshop fabriquait des trains et autres accessoires. À l’époque, cette compagnie rivalisait avec la Angus Workshop de Rosemont et avec la Dominion/Canadian Car & Foundry du Sud-Ouest de Montréal. Le destin de ce complexe est similaire à celui de la Canadian Vickers. Il reste toutefois trois bâtiments qui témoignent de la présence passée de cet immense complexe industriel. 

La transformation des métaux à la Canadian Steel Foundries  

Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, on transformait les métaux. Plusieurs compagnies s’affairaient à effectuer ces transformations, notamment la populaire compagnie Canadian Steel Foundries. Localisée à l’ouest du complexe de la Montreal Locomotive Works, la fonderie CSF fut l’une des plus grandes au pays et possédait aussi des installations à Gatineau. Aujourd’hui, la fonderie n’est plus. Elle a été démolie il y a une dizaine d’année. Le terrain où elle était située est une terre en friche qui sera bientôt utilisée pour le prolongement du boulevard l’Assomption. 

Le textile… signé Dominion Textile 

Autrefois localisé à l’est de la raffinerie de sucre Saint-Laurent, l’ancien complexe de la Victor Hudon Cotton Mill fut considéré comme le plus grand complexe de textile au Canada. Une quantité impressionnante de produits du textile fut fabriquée à cet endroit. Un peu plus tard, la Dominion Textile s’installa à la Victor Hudon Cotton Mill pour opérer le complexe industriel au même titre que celui du quartier Saint-Henri et de Ville-Émard. Aujourd’hui, le terrain du complexe sert de terre d’accueil à une entreprise de machinerie lourde. Le Port de Montréal a acquis une partie de ce terrain.  

Hochelaga-Maisonneuve : le paradis du chocolat, du sucre et des biscuits

Qui ne connaît pas la Biscuiterie Charbonneau, la confiserie National Licorice ou la Biscuiterie Viau ? Qui ne connaît pas les succès de ces compagnies de l’Est de Montréal ? En effet, ces entreprises d’Hochelaga-Maisonneuve ont permis au quartier ouvrier d’atteindre une renommée exceptionnelle dans le domaine agroalimentaire. L’odeur des biscuits se fait sentir un peu partout dans le quartier, ce qui pousse les résidents à acheter les produits locaux ! 

En parlant de sucre, l’une des plus grosse raffinerie de sucre du Québec se situe dans ce quartier. Située sur la rue Notre-Dame Est, la raffinerie de sucre Lantic, anciennement Saint-Lawrence Sugar Refinery est actuellement en opération et elle raffine une quantité impressionnante de sucre.

Les manufactures à l’œuvre 

Le quartier semble posséder un nombre important de manufactures le long des rues de Rouen, Aird, Bennett, d’Orléans et Letourneux. La compagnie American Can Co., une manufacture de boîtes de conserve située sur le boulevard Pie-IX, fut l’une des principales. Des cordonneries et des compagnies de chaussures se sont installées sur la rue de Rouen. Bref, on dénombre une dizaine de manufactures en tous genres dans ce quartier. 

Le Port de Montréal, le Canadien National et le Canadien Pacifique : des acteurs essentiels 

Pour réussir une industrialisation, il faut posséder un nombre important d’outils. Par mer ou par rail, les entreprises d’Hochelaga-Maisonneuve s’approvisionnent ou expédient leurs marchandises par l’entremise du Port de Montréal, du Canadien National et du Canadien Pacifique. Un nombre considérable d’entre elles sont connectées au réseau ferroviaire. 

Le Port de Montréal est une infrastructure essentielle pour le développement industriel du quartier et de la métropole québécoise. Sans cet acteur, ce quartier ne serait pas aussi développé industriellement. 

Une redéfinition du quartier s’impose 

Depuis un certain temps, le quartier semble être dans une période de redéfinition. On remarque des transformations importantes dans le quartier, et des anciennes usines sont reconverties en condos ou en complexes résidentiels. 

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Cet article est le deuxième d’une série de neuf articles portant sur l’industrialisation montréalaise.