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Éric Lanthier
Commentateur médiatique sur les ondes du 92.7FM\Ottawa; 760AM\Champlain-Montréal et sur le 96.9\Lévis ?

Michaëlle Jean et le respect de la démocratie: doubles contradictions

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’a manifesté aucun respect pour la démocratie ni par ses propos ni par ses dépenses. Non seulement Michaëlle Jean se permet de dépenser d’une manière démesurée l’argent qui provient en grande partie des contribuables, mais elle va jusqu’à bafouer les enquêtes des journalistes qui veulent en savoir plus sur ses excès aux frais de la princesse.

Un mépris pour la population

Un demi-million pour de l’eau chaude, c’est cher la goutte. P.-K. Subban lui-même ne se permettrait même pas une pareille dépense. Cinquante-sept millions pour l’installation d’un réseau Internet performant, sans compter maintes autres dépenses folles de star du « jet-set ». Madame Jean ne calcule pas. Pourtant, si elle avait loué une suite à l’hôtel Ibis pour une année, elle n’aurait pas manqué d’eau chaude, elle aurait joui d’un magnifique environnement luxueux qui aurait coûté beaucoup moins cher à l’ensemble des contribuables de la Francophonie. Ses dépenses éhontées montrent tout son mépris à l’endroit des contribuables qui la soutiennent pour autre chose que de se pavaner comme une vedette millionnaire ou de s’enrichir sur leur dos.

Un mépris pour la démocratie

TVA Nouvelles nous apprenait récemment qu’elle avait non seulement refusé de répondre aux questions de leur bureau d’enquête, mais qu’elle avait même osé reprocher à leurs journalistes de glisser vers le populisme : un fléau qu’elle dit vouloir combattre. Logiquement, une personnalité publique financée au moyen de deniers publics devrait rendre compte de ses dépenses à ceux qui la financent. De plus, ayant été elle-même journaliste, Michaëlle Jean devrait comprendre pourquoi les reporters et les commentateurs s’acharnent sur elle. En vérité, son attitude de princesse outrée et prétentieuse révèle encore son mépris envers la démocratie. Elle ne la sert pas, elle s’en sert. Elle mène un train de vie élevé, à ses dépens, sans daigner lui rendre des comptes.

Des traces de royauté

Ce n’est pas d’hier qu’on lui reproche son train de vie somptueux. Marie Verdier en avait fait allusion l’an dernier:

« La « petite reine » d’outre-Atlantique avait alors pris ses quartiers dans la grandiose résidence de Rideau Hall avec ses 175 pièces, à Ottawa, avait sillonné les vastes provinces du Canada et parcouru la planète lors d’une quarantaine de visites d’État et de déplacements à l’étranger. Certains de ses détracteurs en avaient profité pour égratigner le panégyrique, estimant qu’elle avait pris goût depuis à la vie de château. »

Or, la principale intéressée se défend de vivre comme une princesse. C’est ce qu’elle a affirmé au micro de Paul Arcand. Les contribuables en ont assez de subventionner des « nobles » qui en beurrent épais pendant qu’eux doivent se serrer la ceinture, endurer des services qui sont réduits plutôt qu’améliorés, envoyer leurs enfants dans des écoles délabrées, infectes et surtout accepter que des patients ne reçoivent qu’un bain par semaine. Entre un CHSLD du Québec et le logement de Michaëlle Jean, il y a littéralement un océan qui les sépare.

Jouer son rôle et non un rôle

Michaëlle Jean devrait s’en tenir à son discours. Elle est là pour contribuer à la prospérité de la Francophonie et non à son appauvrissement. Dans son discours du 25 mars 2016, elle disait : « Aujourd’hui, les facteurs clés de la puissance ne résident plus dans la taille du territoire ni le nombre des armées… Aujourd’hui, c’est le dynamisme économique qui détermine la puissance des États et conditionne leur capacité d’influence. » Or, son train de vie aux frais des contribuables de la Francophonie ne montre pas qu’elle a tant à cœur le succès économique des pays membres de l’OIF.

Qu’allons-nous croire, ce qu’elle dit ou ce qu’elle fait? Ses actions minent la confiance que lui accordaient les Québécois. Pour la regagner, elle devra mettre en pratique son propre discours : « … porter haut, très haut, les valeurs communes de l’humanité. » Une de ces valeurs s’appelle le respect. Le fera-t-elle? Poser la question, c’est y répondre…