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Maxime Bernier a le droit de changer de plan

À quatre ans des prochaines élections provinciales, Maxime Bernier aurait intérêt à ragaillardir le Parti conservateur du Québec plutôt que de contribuer à la réélection de Justin Trudeau.

 

  1. Bernier, à moins d’une année avant les élections fédérales, n’aura pas le temps de planifier une alternative convaincante contre les libéraux de Justin Trudeau. Monter des comités organisateurs dans 338 comtés de Victoria à Charlottetown, en si peu de temps, est un tour de force quasi impossible. Tout ce qu’il réussira à accomplir est une division du vote de droite et par le fait même, concourir à la réélection de Justin Trudeau.

 

Un adversaire de taille

Avec l’arrivée de Richard Lehoux à titre de candidat conservateur dans le comté de Beauce, la lutte s’annonce serrée pour Maxime Bernier. Monsieur Lehoux a été maire de Saint-Elzéar et président de la Fédération québécoise des municipalités. Il est récemment retourné à son métier de cultivateur. Pour Maxime Bernier, il sera un adversaire redoutable à combattre. Compte tenu que la Beauce est, en termes de production laitière, la deuxième région en importance au Québec, il devra affronter un homme d’expérience qui saura fédérer les fermiers autour de lui.

 

Donner un élan au PCQ

Considérant qu’il a déjà plusieurs fermiers à dos, il serait sage pour le chef du Parti populaire du Canada de quitter la politique fédérale et de se lancer en politique provinciale. S’il se joignait au Parti conservateur du Québec (PCQ), il ferait de ce parti une alternative crédible à la Coalition Avenir Québec. Si François Legault tient sa promesse de changer le mode de scrutin, il est fort à parier que le PCQ pourrait obtenir au moins un siège aux prochaines élections. Grâce à son expérience parlementaire, Maxime Bernier donnerait au PCQ un élan considérable.

 

Quatre ans pour oublier

Les futures élections provinciales qui auront lieu dans quatre ans donneront aux Québécois le temps d’oublier que Maxime s’était lancé trop rapidement dans une aventure à haut risque. De plus, s’il fait un mea culpa en bonne et due forme, les résidents de la Belle Province lui pardonneront d’avoir viré son capot de bord. Ils verront en lui un homme repentant qui est en politique pour leurs intérêts.

 

La division du vote et la réélection de Justin Trudeau

Maxime Bernier a du talent, du leadership, des idées et des convictions. Toutes ces qualités chez un même homme politique devraient être canalisées vers la prospérité du Québec et non vers la réélection de Justin Trudeau à Ottawa. On l’a vu, à l’époque du Parti réformiste du Canada et de l’Alliance canadienne. Dans ce temps-là, aucun des partis de droite n’arrivait à remporter le pouvoir. À cause de la division du vote, les libéraux de Jean Chrétien finissaient toujours par obtenir une majorité de sièges.

 

Quinze ans plus tard, Maxime Bernier n’a pas tiré de leçon de l’histoire et reproduit le même scénario. En mettant sur pied le Parti populaire du Canada, il ne fera que diviser le vote de droite et contribuera à garder Justin Trudeau à la tête de notre pays. Or, la dernière chose que les électeurs de droite et de centre-droite désirent, c’est de voir Justin Trudeau poursuivre la déconstruction du Canada.

 

Renforcer la base conservatrice du Québec

Si Maxime Bernier aime le Canada et qu’il aspire au poste de premier ministre, il a intérêt à renforcer une base conservatrice au Québec. Considérant que la CAQ est un parti de centre, au même titre que les libéraux provinciaux, l’arrivée de M. Bernier pourrait raviver un engouement pour la droite au Québec. Il démontrerait qu’il est un bâtisseur, un rassembleur et surtout, un homme qui recherche le bien de son peuple. Par la suite, après qu’il aura obtenu des gains significatifs, il pourra se présenter à titre de chef du Parti conservateur du Canada et aspirer aux grands honneurs.

 

Prolonger ou raccourcir?

Aux élections de 2022, les Québécois lui pardonneront son changement de cap. Par contre, si le député de Beauce s’acharne à vouloir diviser la droite au Canada, il risque de terminer sa carrière politique plus rapidement que prévu. Ce serait dommage, car il a encore de belles années à offrir à la population québécoise.

 

Monsieur Bernier, vous jouez actuellement un jeu qui peut vous faire perdre le titre de Très honorable. Il n’en tient qu’à vous de gérer l’offre et de répondre à la demande. Vous avez le droit de changer de plan, surtout s’il vise le bien des Québécois. Pensez-y bien avant qu’il ne soit trop tard…

 

 

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Commentateur médiatique sur les ondes du 92.7FM\Ottawa; 760AM\Champlain-Montréal et sur le 96.9\Lévis