HomeCulture et sociétéLettre à ceux qui font reculer la droite – Laurent Proulx

Lettre à ceux qui font reculer la droite – Laurent Proulx

Cet article est en deux parties, soit une réponse au texte de Jessie McNicoll du 27 mai et ensuite une lettre ouverte de ma part.

Concernant l’article de Jessie McNicoll

Dans sa plus récente chronique, Mme McNicoll s’inquiète de la direction que prend le PAH depuis l’arrivée de David Chabot et moi à sa direction. Elle ne comprend pas pourquoi nous avons mis un terme aux chroniques d’un certain Kevin Berrigan et que le prof Reynald DuBerger nous a quittés. Elle y va aussi de son analyse de l’Islam pour justifier les positions de M. DuBerger.

Jessie McNicoll fait partie des gens qui réussissent à faire valoir leur point sans insulter personne et c’est pourquoi nous sommes toujours heureux de publier ses chroniques intégralement, même lorsque ladite chronique constitue une critique directe envers la direction du PAH.

Tout peut être questionné, argumenté, critiqué au Prince Arthur Herald. Absolument tout. Toutefois, aucune attaque personnelle, adjectif blessant, écart de langage et autre «bouette» ne seront tolérés sur nos pages.

De plus, le modèle «safe space» par et pour la droite» est passé date. Un journal où tout le monde pense pareil et se gratifie de tapes dans le dos réciproques ne fait avancer personne.

Et maintenant, la lettre 

Je m’appelle Laurent Proulx et je suis orphelin politique sur la scène provinciale au Québec. Pourquoi? Parce que je suis de droite. Je suis en faveur de plus de privé en santé, pour un allégement réglementaire pour les petites entreprises, je pense qu’actuellement les riches font leur juste part, les finances publiques m’inquiètent, je trouve que l’État s’octroie des rôles qu’il devrait laisser à d’autres vu qu’il est loin d’être un champion de la saine gestion. Je trouve aussi que les syndicats s’inscrivent trop souvent en frein à l’avancement du Québec et que les progressistes des années 60 sont devenus les conservateurs d’aujourd’hui. Il y a bel et bien des mouvements de droite au Québec, mais on y retrouve certains individus actifs qui m’empêchent de partager quoi que ce soit avec eux.

On va se le dire, la droite au Québec, c’est mal vu actuellement. C’est un fait. Il y a une connotation négative inhérente à cette position sur l’axe gauche-droite; que ce soit dans les médias, dans les universités ou dans les familles, la droite traîne un fardeau depuis longtemps.

Aujourd’hui, je laisse tomber les gants et porte des accusations. Cette fois-ci, pas question de tomber dans la vieille cassette : «C’est de la fôte à rédio canadâ!» Ils ont eu leur tour. On va se regarder dans le miroir et se dire les vraies choses : les gens qui sont dans les rangs des mouvements de droite au Québec sont les seuls à blâmer pour la mauvaise impression qu’a la majorité face à eux. Voici quelques exemples :

J’accuse le professeur Reynald Duberger, qui un jour a écrit dans un blog : «[…] on a beaucoup trop de moumounes gauchistes! Avez-vous remarqué qu’au Québec la droite, c’est jeune et masculin, la gauche c’est formé d’hommes vieux et féminisés et de vieilles femmes.», d’être à lui seul une des raisons qui font que la droite a du mal à se faire prendre au sérieux au Québec et qu’elle soit perçue négativement.

J’accuse des gars comme le célèbre Jeff Plante (Jean-François Plante), qui a déclaré en mars 2007 : « Dans la fonction publique québécoise, il y a plus de femmes que d’hommes, et comme si ce n’était pas assez, on fait encore des mesures pour faire entrer davantage de femmes. On fait un genre d’apartheid où on bloque les hommes» de donner raison à ceux qui se moquent ouvertement des gens de droite en les traitant, à tort pour la plupart selon moi, de misogynes ignorants.

Je blâme des gars comm18741530_1896535027279577_836474260_ne Guy Morin qui, en pleine campagne comme candidat pour le Parti conservateur du Québec, publie une photo de lui en train de dépasser un véhicule de la SQ à 120 km/h en pleine tempête sur l’autoroute 40. Ce genre de sortie fait en sorte que ce parti politique est perçu comme marginal, loufoque, et par le fait même, condamné à des résultats anémiques.

 

J’accuse également des gars comme le blogueur Kevin Berrigan qui écrit sur Facebook : « […] Affirmer que le PAH se veut maintenant une plateforme pour petits bourgeois qui se branlent l’intellect en est une. Vos petits vacataires peuvent chier de la phrase, ça n’en fera pas de véritables billettistes… » est exactement le genre de discours dégoûtant qui fait passer les gens de droite pour étant rustres et fermés d’esprit. Ce genre d’opinion émise publiquement résume bien le problème d’une partie de la droite à exprimer ses idées calmement et de façon rationnelle. Dans leur tête, vaut mieux déranger et insulter pour être entendus.

Bref, ma lettre s’adresse à tous les exaltés de droite qui prennent orgueil et fierté à faire dans le trash pour se faire connaître et faire entendre leurs idées : vous êtes vous-mêmes le plus grand frein à l’avancement de ce que vous proposez. À force d’insultes, de propos blessants et de langage ordurier, vous faites reculer sans cesse le mouvement.

À cause de vous, chaque jeune qui tente de s’affirmer à droite dans son cégep, dans son université, se fait ridiculiser par association et se fait opposer vos déclarations boiteuses. Vous nous faites reculer.

Plusieurs gens de droite qui disent : «Les musulmans de bonne foi devraient dénoncer les radicaux et les exaltés au sein de leur religion».

Soit, je viens de faire la même chose avec la droite québécoise qui, tout comme la religion musulmane, est mal vue dans l’opinion publique à cause de ses membres radicaux.

Sincèrement,

Laurent

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Laurent Proulx est président et co-actionnaire du Prince Arthur Herald. Il est également entrepreneur dans le domaine de la restauration et de l'immobilier locatif ainsi que chroniqueur au 98,9 FM Québec.