HomeInternationalLe Royaume-Uni post-COP23 – Partie 4 : L’éolienne offshore comme solution au charbon

Le Royaume-Uni post-COP23 – Partie 4 : L’éolienne offshore comme solution au charbon

Depuis Tony Blair, l’importance d’un plan de remplacement britannique pour s’enligner vers l’énergie renouvelable a pris de l’ampleur. Et comme mentionné dans mes trois derniers articles, le Royaume-Uni se trouve dans une certaine impasse suite à sa décision concernant le charbon traditionnel. Entre le nucléaire et l’éolien, le pays aurait un avantage économique à choisir l’énergie nucléaire. Or, ce n’est peut-être pas la meilleure solution si nous observons le décor en entier. En outre, le Royaume-Uni est bien positionné pour produire de l’électricité grâce aux éoliennes offshore, qui ont une productivité entre 30% et 40% au lieu des éoliennes onshore dont la productivité est entre 25% et 30%. Une éolienne offshore est une éolienne qui se situe dans la mer tandis qu’une éolienne onshore se trouve sur la terre. Utiliser des éoliennes offshore comme énergie renouvelable est plus pratique pour le Royaume-Uni même si cela présente certains désavantages dont la difficulté d’accès en mer. Le Royaume-Uni a tout de même des éoliennes offshore et onshore : « En septembre 2010, 270 fermes éoliennes étaient installées au Royaume-Uni avec 3 088 turbines représentant une capacité cumulée de 5 080,3 MW. [1]» De plus, étant donné que les éoliennes offshore représentent un plus grand coût, cette source d’énergie demande un investissement de la part du pays à travers des subventions publiques et des incitations financières pour encourager les entreprises à prendre cette direction, ce que le pays n’est peut-être pas prêt à faire pour le moment. D’un autre côté, l’énergie éolienne a le potentiel de pouvoir être commercialisable, sous la mesure de grands investissements, contrairement au solaire qui ne pourrait pas être vivable au niveau commercial. Or, avec le nucléaire à portée de main, sans subventions convenables, la route vers l’énergie éolienne pourrait s’avérer moins avantageuse pour les compagnies.

Comme vu précédemment, les ressources éoliennes ne présentent en réalité que 5% de l’énergie produite par le Royaume-Uni en 2013, ce qui est très peu. Or, la productivité des éoliennes n’atteint pas son plein potentiel actuellement, surtout en raison d’un manque de batteries performantes pour recueillir l’électricité à faible coût, d’où pourquoi il faudrait que le Royaume-Uni finance des recherches pour augmenter la capacité des batteries à faible coût, et donc la capacité de stockage qui est particulièrement incapacitante présentement. Car, avec les capacités actuelles, l’énergie éolienne peut produire uniquement 30% de l’énergie (pour une durée approximative de 2600 heures en France) Ceci étant dit, sans augmenter la capacité de stockage des batteries pour les éoliennes, l’énergie éolienne est instable et ne parviendra pas à subvenir complètement à l’énergie précédemment produite par le charbon. C’est dans ce genre de conditions que les centrales nucléaires pourraient gagner en avantages, mais ce ne serait pas l’idéal car au final l’énergie éolienne est beaucoup plus éco-responsable. Or, pour le moment, sans investissements à long terme pour augmenter la capacité de stockage des batteries, le Royaume-Uni n’a pas le « choix » de se tourner vers le nucléaire actuellement.

En conclusion, la politique environnementale du Royaume-Uni de l’arrêt du charbon traditionnel suite à la COP23 démontre une certaine volonté d’autonomie qui peut être mis en relation avec le Brexit malgré le retrait officiel prévu en 2019. Ceci étant dit, le choix du Royaume-Uni de se tourner vers d’autres sources d’énergie que le charbon traditionnel relève une certaine instabilité énergétique et économique que le pays devrait réussir à compenser par un plan fiscal solide basé sur des investissements dans le domaine des énergies renouvelables. Prendre la voie de l’énergie nucléaire pour remplacer le manque d’énergie occasionné par l’arrêt du charbon traditionnel semble être un choix efficace, mais qui est certes controversé. Pour cette raison, des investissements dans le secteur des éoliennes offshore pourraient permettre de concilier une éco responsabilité tout en suivant le domaine commercial. Cependant, le Royaume-Uni n’aura d’autres choix que d’investir des sommes importantes dans les énergies vertes, et c’est pourquoi l’utilisation de taxes vertes pourrait avantager le pays en permettant de redistribuer l’argent amassé par les taxes vertes vers certains des investissements pour l’énergie éolienne. De plus, une meilleure gestion énergétique locale permettrait de couper les pertes énergétiques, et donc améliorer l’efficacité énergétique.

En soit, le Brexit pourrait être une influence positive sur la politique environnementale du Royaume-Uni, comme cela semble être le cas lors de la COP 23. Pour finir sur une note positive, l’OCDE a publié dans son rapport économique du Royaume-Uni de 2017 que le Brexit ne devrait pas être une raison pour le Royaume-Uni de relâcher ses standards environnementaux, même que l’OCDE recommande fortement de continuer la recherche pour un green growth[2]

[1] Idem.

[2] OCDE (2017). Ibid. p. 38

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Ancienne réserviste fantassin, préposée aux bénéficiaires, étudiante au BAC en Sciences Politiques à l'UQAM, activiste environnementale, bénévole à Greenpeace, marraine à Plan International