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LA CAQ VOLE TROP PRÈS DU SOLEIL

Lundi dernier, le Journal de Québec y allait d’un grand dossier sur les positions de la CAQ.

Cet article est pertinent, car la Coalition avenir Québec séduit de plus en plus malgré le fait que son programme soit méconnu. J’en arrive à ce constat après l’analyse détaillée du sondage Léger de janvier 2018 dans lequel on apprenait notamment que la CAQ était, selon les perceptions des Québécois, le meilleur parti politique pour améliorer l’accès au CPE et au deuxième rang derrière Québec solidaire pour protéger l’environnement.

Rappelons que la CAQ est le seul parti qui veut donner plus de places aux garderies privées et le seul parti voulant exploiter les hydrocarbures au Québec. À ce jour, ils sont toujours en désaccord avec l’arrêt des forages sur Anticosti et ne se sont jamais prononcés contre l’exploitation de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

Il faut donc admettre qu’à ce jour, la CAQ gagne le duel des perceptions contre ses adversaires politiques.

C’est là toute la pertinence de l’article du Journal de Québec. Voici quelques propositions caquistes qui méritent d’être approfondies :

Réduction de la taxe scolaire

Le PLQ a déjà annoncé la réduction de cette taxe immobilière provinciale, réduction qui entrera en vigueur à quelques semaines des élections. La surenchère électoraliste caquiste ne pourra se réaliser que durant une seule année, car le manque à gagner du réseau scolaire sera trop grand à long terme. Pourtant, de l’autre côté de la bouche, le parti de François Legault martèle qu’il faut réinvestir en éducation. Comment peut-on réduire les revenus de l’État en baissant les impôts et augmenter par la suite les dépenses?

Réduction des impôts

François Legault n’écarte pas la possibilité d’utiliser les versements du fonds des générations pour baisser les impôts. En d’autres mots, pour prendre le pouvoir, le chef caquiste est prêt à financer une baisse d’impôts à même les paiements de la dette québécoise!

Baie James du 21ème siècle en relançant la construction de barrages hydroélectriques

La CAQ en a fait l’annonce en grande pompe après qu’on apprenait que l’énergie solaire et éolienne coûtaient moins cher à produire que l’énergie hydroélectrique (6,3 cents le kWh pour La Romaine). Pour l’éolien, c’est déjà le cas avec un coût de moins de 6 cents le KWh. Pour le solaire, ce sera le cas en 2023 selon les estimations des experts. Et c’est sans parler de l’efficacité énergétique qui permet d’économiser plusieurs kWh dans la consommation industrielle et des ménages. De plus, la construction de barrages hydroélectriques engendre des conséquences environnementales non négligeables.

Construction d’un troisième lien à Québec

Experts, urbanistes, ingénieurs, tout le monde s’entend sur l’inefficacité de la construction d’un troisième lien. Unanimement, il s’agirait d’un gouffre financier qui aurait comme impact que d’augmenter le nombre d’autos sur les routes sans affecter à moyen et long terme la congestion routière. Le chef de la CAQ fait fi des nombreuses études et avis : il annonce qu’il y aura un troisième lien à Québec dans 4 ans… pour se rétracter le lendemain en affirmant que ce serait seulement le commencement des travaux.

Démantèlement des commissions scolaires pour en faire… des centres de service

4 trente sous pour 1 piastre. De plus, on veut centraliser la gouvernance scolaire au ministère de l’Éducation. Ce serait un coup dur pour le développement régional qui verrait un acteur majeur être transformé en lieu technocratique dont la gestion serait centralisée dans les tours de fonctionnaires de Québec et Montréal.

Ce rapide survol illustre bien le talon d’Achille de la CAQ : un manque de rigueur et un populisme ambiant qui semble guider leurs propositions.

Les volte-face trop fréquentes, les cafouillages concernant la manipulation des signataires de la lettre ouverte avec la Fédération des Chambres de Commerce, la rencontre privée avec la première ministre de l’Ontario, l’annonce de la construction d’un troisième lien à Québec dans un premier mandat et les contradictions des députés caquistes et du chef sur l’octroi de nouveaux pouvoirs à l’UPAC ne sont que quelques exemples d’une gestion à courte vue de l’agenda politique, sans rigueur ni vision à long terme.

À quelques mois du scrutin, les troupes de François Legault devront réaliser que si elles ne resserrent pas son message de façon cohérente, elles risquent de brûler les fragiles ailes de cire construites sur de fausses perceptions qui l’ont conduit au zénith des intentions de vote du Québec.