HomeQuébec/CanadaLa CAQ : un parti de gauche efficace ou de droite?

La CAQ : un parti de gauche efficace ou de droite?

Le 14 novembre dernier, l’ex-ministre péquiste François Legault a officiellement lancé son propre parti politique : la Coalition Avenir Québec. Le leader caquiste n’aime pas les étiquettes politiques, c’est le moins que l’on puisse dire.  Celui-ci refuse de se définir sur l’axe gauche-droite.  La gauche affirme que la CAQ est un parti de droite car elle propose des coupures dans la bureaucratie.  Tandis que la droite trouve que M. Legault est de gauche efficace parce qu’il ne propose pas d’importantes réductions de dépenses.  Qui a raison?  Où se situe vraiment la CAQ sur l’axe gauche-droite?  Est-elle de gauche efficace ou de droite?   Allons voir son programme politique afin de déterminer la saveur de sa sauce idéologique.

Le plan d’action de la CAQ

Tout d’abord, le chef caquiste propose une importante augmentation de salaire pour les enseignants (20%) afin d’attirer de meilleurs talents.  Une évaluation du personnel enseignant est nécessaire afin de cerner ceux qui auraient besoin d’un soutien supplémentaire.  Il n’est pas question d’abolir la sécurité d’emploi et de congédier les professeurs les moins performants.  La CAQ veut abolir les commissions scolaires  et transférer les ressources directement aux directions d’école.  Ensuite, François Legault veut améliorer  et maintenir le caractère public de notre système de santé.  Pour y arriver, il préconise une diminution de la lourdeur administrative afin d’accorder plus de ressources financières à la première ligne.  Les omnipraticiens devraient prendre en charge plus de patients en échange d’une augmentation substantielle de salaire.  Toutes ces mesures devraient permettre à tous les Québécois d’avoir accès à un médecin de famille.  Subséquemment, la Coaliton Avenir Québec pense que l’État québécois doit jouer un rôle central dans l’économie de la province.  La Caisse de dépôt et de placement devrait investir dans les entreprises québécoises afin que la Belle province développe une économie de propriétaire et non de locataire comme c’est le cas en ce moment.  Sur le plan culturel, un gouvernement Legault débourserait plus d’argent pour mieux intégrer les immigrants à la société québécoise et à la défense de la langue française[1]

François Legault et les idées de la nouvelle droite québécoise

Il y a deux credos qui sont très chers à la droite québécoise : la simplification de la bureaucratie et la réduction des dépenses publiques.  Force est de constater que le chef de la CAQ n’adhère pas du tout à ces deux principes. 

Tout d’abord, l’ex-député de Rousseau ne veut pas du tout imposer une cure de minceur à notre gouvernement obèse et tentaculaire.  Au contraire, le chef caquiste croit fermement que l’État doit jouer un rôle central dans tous les domaines de la société.  Par exemple, il ne veut pas casser le monopole public en santé.  Le  privé pourrait concurrencer le public dans la distribution des services de santé.  Malheureusement, la CAQ ne veut rien savoir d’un système de santé mixte.  Il veut améliorer le sacro-saint système public comme tous les autres gouvernements précédents et cela est voué à l’échec. 

Ensuite, le nouveau parti politique prône un interventionnisme étatique dans l’économie québécoise.  Il souhaite que la Caisse de dépôts et de placements du Québec investisse davantage dans les entreprises québécoises afin de les favoriser et protéger face à la concurrence étrangère.  Cette politique du Québec inc va à l’encontre du principe de la liberté de marché qui est si cher aux conservateurs québécois. 

Subséquemment, les droitistes québécois souhaitent que le gouvernement coupe dans ses dépenses.  Celles-ci n’arrêtent pas d’augmenter d’années en années.  M. Legault ne souhaite pas vraiment couper dans le gras.  Il préconise ce que l’on pourrait appeler de la redistribution de dépenses.  Cela veut dire qu’il désire couper dans un secteur afin de dépenser dans un autre.   Par exemple, M. Legault veut couper 300 millions de dollars dans budget des commissions scolaires afin de donner une augmentation de salaire aux professeurs.  De plus, un éventuel gouvernement Legault ne va pas remettre en question le caractère universel des programmes sociaux qui coûte très cher aux contribuables. 

La CAQ est une formation politique de gauche efficace

La Coalition Avenir Québec n’est pas du tout un parti de droite car elle ne veut pas remettre en question le rôle de l’État et ses dépenses exorbitantes.  François Legault est de gauche efficace parce qu’il veut maintenir les dépenses étatiques au niveau actuel et maintenir la prédominance de l’État dans tous les aspects de la société.  La nouvelle droite ne peut pas adhérer au centrisme à la sauce Legault.  Si l’ADQ décide de fusionner avec la CAQ, le mouvement conservateur québécois va devenir un orphelin politique dans le nouveau paysage de centre-gauche québécois. 



[1] Voir le plan d’action de la CAQ : http://coalitionavenir.org/

 

Written by

Éditeur en chef du Prince Arthur Herald.