HomeUncategorizedFéministe ou pas

Féministe ou pas

Je ne suis pas la première à écrire un texte sur la déclaration sentie qu’à fait Sophie Lorain à Tout le monde en parle, mais certainement pas la dernière non plus.

Pour mettre en contexte les gens qui habitent une grotte, elle a déclaré ceci : «La parité, je n’en ai rien à cirer. Je trouve ça condescendant. Je n’ai pas besoin de votre pitié, j’ai juste besoin de pouvoir exercer ma créativité. » Sophie Lorain aura, en une phrase, déchaîné les passions sur différentes notions du féminisme.

Depuis des jours, nous pouvons lire sur les z’internets, une pluie de tweets de «féministes» décriant le fait que l’on associe ici le mot parité avec pitié. Je vous invite ici à noter les guillemets utilisés pour encadrer le mot féministe.

Ces féministes détiennent la définition absolue du féminisme. Ce féminisme qui exclut les hommes. Ce féminisme qui croit en la supériorité des femmes. Si c’est la définition de féministe que l’on veut utiliser au Québec, alors je ne suis pas féministe. Je ne suis pas féministe.

Par contre, je suis en faveur de l’égalité des sexes. Je suis en faveur de mesures incitant les femmes à rejoindre les milieux non traditionnels. Je suis en faveur de l’équité salariale. Je crois en mes compétences et en celles de mes consœurs. Et je suis convaincue que les femmes peuvent faire les choses différemment et apporter un vent de fraîcheur à la société.

Attention, n’interprétez pas mes propos en croyant que je pense que les femmes pourraient faire mieux que les hommes. Vous devez comprendre ici que je crois, que de concert avec la gente masculine, nous pouvons faire de grandes choses, y compris faire avancer la cause de l’égalité des sexes.

Je ne suis pas en faveur d’une parité obligatoire mise en place par des quotas. Placer une femme dans un programme, nommer une femme de plus sur un C.A ou présenter des candidates dans des comtés qu’elles n’ont pas de chances de gagner, au nom de la parité, je trouve ça dégueulasse.

Je crois en chacune des femmes du Québec. Je crois que oui, nous devons instaurer des mesures pour faciliter la parité. Mais je refuse d’accéder à un poste seulement parce que je suis une femme, au nom d’un féminisme exclusif. Je ne suis pas un bibelot que l’on peut casser, une petite chose fragile qui a besoin d’être protégée. Pourquoi ne pas convaincre les femmes de se lancer en politique provinciale plus facilement en instaurant un congé de maternité (et de paternité!!!) pour nos élu(e)s? Pourquoi ne pas miser sur le mentorat pour inciter les femmes à l’entreprenariat? Pourquoi ne pas assurer un milieu de travail sain exempt de harcèlement aux femmes? Un éventail de possibilités s’offre à nous pour que le Québec continue sur la voie de l’égalité autre que des mesures contraignantes et pénibles comme l’instauration de quotas.

Certaines s’indigneront, que je me nomme ainsi, mais je suis féministe. Une féministe ouverte, qui croit profondément en un féminisme inclusif, misant sur la force des femmes plutôt qu’en un féminisme imposant sa vision au nom d’une supposée vérité absolue.