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Entrevue exclusive avec Jacques Brassard : la course au PQ, la domination du PLQ et la présidence de Barack Obama

Jacques Brassard a été député du Parti québécois de 1976 à 2002. Il a été ministre de l’Environnement sous Jacques Parizeau et ministre des Transports et leader parlementaire du gouvernement sous Lucien Bouchard. Depuis son départ de la vie politique, M. Brassard est un franc tireur de l’actualité politique. Il commente l’actualité politique à  l’émission de Dominic Maurais à CHOI Radio X Québec.  Il est un indépendantiste convaincu et il se définit comme un véritable conservateur. Sur les changements climatiques et Israël, ses prises de position sont au antipode de ce qu’il appelle « la gauche bien-pensante. L’ouvrage qu’il a rédigé « Hérésie » le prouve bien. Le Prince Arthur Herald s’est entretenu avec l’ancien ministre.

Q : Quelles sont vos impressions sur la course à la succession de Pierre Karl Péladeau?

R : Tout d’abord, les Québécois n’y sont pas intéressés parce que les débats sont exclusivement dominés par la question référendaire. Cette dernière n’est vraiment pas la priorité de la population. On n’entend pas les cinq candidats parler d’économie, de santé et d’éducation. Ils sont complètement aveuglés par la mécanique référendaire.

D’autre part, il y a un seul candidat qui est réaliste sur la question de l’indépendance du Québec et c’est Jean-François Lisée. Ce dernier a compris que les Québécois ne veulent pas en entendre parler pour l’instant et c’est pour cette raison que s’il devient chef du PQ, ce dernier promet de ne pas tenir un référendum dans un premier mandat. La position de M. Lisée est la plus réaliste, tandis que les autres sont dans une bulle et ils sont obsédés par la question référendaire.

Subséquemment, je crois que si le Parti québécois continue d’entretenir le flou sur la question nationale, il va s’isoler de la population et un autre échec électoral est à prévoir. Les péquistes semblent oublier que c’est l’ambigüité de la position de Mme Marois sur l’indépendance du Québec qui a causé la dégelée électorale du 7 avril 2014. Pauline Marois n’a pas réussi à articuler une position claire sur cette question et les libéraux en ont profité. Ce n’est pas la Charte des valeurs qui est responsable de la défaite du PQ lors des dernières élections. Une majorité de Québécois appuyaient le projet piloté par Bernard Drainville.

Donc, si le Parti québécois veut être compétitif lors du prochain scrutin, il doit élaborer une position claire sur son projet d’indépendance. S’il ne le fait pas, une autre raclée électorale l’attend et celle-ci pourrait lui être fatale.

Q : Selon vous, le PQ doit-il redevenir le grand défenseur de l’identité nationale des Québécois?

R : Sans aucun doute. Le projet d’indépendance a été conçu et le Parti québécois a été fondé pour des raisons identitaires. S’il n’y avait pas de nation québécoise, avec ses caractéristiques distinctes comme la langue française, le mouvement indépendantiste n’aurait pas existé. Je ne vois pas comment le Parti québécois pourrait abandonner le champ identitaire. C’est sa marque de commerce et son principal cheval de bataille. Si l’establishment péquiste décide de fermer les yeux sur le nationalisme québécois (comme cela a été le cas en 2007 et on connaît le résultat), il va laisser le champ libre à la CAQ et cette dernière risque de devenir le véhicule politique des nationalistes québécois. Lors des prochaines élections, le PQ risque de se faire dépasser au fil d’arrivée par la CAQ comme ce fût le cas le 26 mars 2007 quand l’ADQ a terminé deuxième devant le PQ de Boisclair. À mon avis, cela serait suicidaire pour les péquistes d’abandonner la question identitaire et il faut que les dirigeants du parti en prennent acte.

Q : Croyez-vous que le Parti libéral du Québec va dominer la scène politique québécoise pour les prochaines décennies?

R : Tant et aussi longtemps que le vote francophone sera divisé entre deux formations politiques, le PLQ va régner en maître sur la politique québécoise. L’Histoire du Québec démontre que les nationalistes ne peuvent pas vaincre le PLQ s’ils ne s’unissent pas dans une grande coalition. Il ne faut pas oublier qu’entre 1897 et 1936, les libéraux ont gouverné la province sans interruption. Aux élections de 1936, l’Union nationale de Maurice Duplessis a battu le PLQ de Taschereau. M. Duplessis avait construit une grande coalition nationaliste, qui était composée du Parti conservateur et des dissidents libéraux de l’Action libérale nationale. C’est grâce à cela que l’Union nationale a chassé le PLQ du pouvoir en 1936.

L’avenir est vraiment rose pour le Parti libéral du Québec. Le PQ et la CAQ se divisent le vote francophone et cela va assurer la réélection du PLQ en 2018. Je crois que la mise en place d’une coalition nationaliste n’est pas pour demain. Donc, les libéraux sont morts de rire actuellement.

Q : Quel bilan faites-vous de la présidence de Barack Obama?

R : C’est une catastrophe sur toute la ligne tant sur le plan intérieur qu’extérieur. En premier lieu, la politique économique d’Obama a été un échec retentissant. La pauvreté est en hausse chez nos voisins du Sud. Le taux de chômage a baissé ces dernières années, car des millions d’Américains ne sont plus en recherche d’emploi. C’est ça la réalité de l’économie américaine. D’autre part, sous la présidence démocrate actuelle, l’énorme dette publique a explosé depuis janvier 2009. Cela s’explique par le côté dépensier de Barack Obama, qui aura été le président le plus à gauche de l’histoire du pays. Ce dernier va laisser derrière lui une nation pauvre et endettée, quel gâchis.

Ensuite, sur le plan extérieur, le bilan du président est encore plus mauvais. Sous sa gouverne, les États-Unis ont perdu tout leur prestige sur la scène internationale. Auparavant, ce pays était la première puissance mondiale et elle assurait une certaine stabilité de l’ordre politique international. Sous la gouverne d’Obama, on a observé un désengagement total des Américains sur la scène internationale. Je vais vous donner un exemple, l’Irak. Quand Georges W. Bush a quitté la Maison-Blanche, l’Irak était un pays qui commençait à se stabiliser et il allait dans la bonne direction. En 2010, Barack Omama a décidé de sortir toutes les troupes américaines du pays. Pourtant le gouvernement irakien avait demandé le maintien d’un contingent de soldats américains afin d’aider l’armée irakienne à sécuriser le pays. Mais Obama a fait à sa tête et cela a permis l’arrivée de l’État islamique en sol irakien.

D’autre part, le président américain n’a rien fait de concret pour vraiment combattre le terrorisme islamique. Barack Obama refuse de nommer l’ennemi par son nom. Comme Justin Trudeau, lorsqu’il y a un attentat terroriste perpétré par des soldats de l’EI, le président refuse de dire que c’est du terrorisme islamique. Sa réticence pourrait s’expliquer par ses sympathies avec le monde musulman qui date de son enfance. Il faut savoir qu’Obama est entouré de conseillers d’origine musulmane dont certains ont des liens avec les Frères musulmans.

Les États-Unis ne sont plus la superpuissance mondiale respectée à travers le monde. La politique étrangère du président Obama a permis à la Russie, à l’Iran et à la Chine de consolider leur position de puissance régionale. À cause de l’inaction de l’administration Obama, l’État islamique a pris le contrôle d’une partie de l’Irak et de la Syrie. Pour conclure, Barack Obama est le pire président de l’histoire de ce pays et son bilan désastreux le prouve bien.

Q : Que pensez-vous de la première année de pouvoir de Justin Trudeau?

R : Le premier ministre canadien est la personnification du multiculturalisme canadien, qui a été implanté par son père. Trudeau est l’apôtre du multiculturalisme. On le voit bien. Il visite des mosquées et il se déguise en Indien lorsqu’il rencontre les autochtones. Je crois que c’est néfaste et représente un danger pour le Canada et le Québec.

Sur le plan économique, c’est un gâchis. Il faut croire que la priorité du gouvernement Trudeau est d’endetter les générations futures et malheureusement, il est bien parti pour réussir.

 

 

Crédit photo : www.egards.qc.ca

 

 

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