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Entrevue avec le chef du PCQ, Adrien Pouliot

Entente de principe entre Québec et ses employés : « Les Québécois se sont fait avoir », martèle le chef de la droite québécoise :

Je me suis entretenu avec le chef des conservateurs provinciaux, Adrien Pouliot. Celui-ci dresse un bilan positif de son parti en 2015, il dénonce fermement l’entente de principe entre le gouvernement du Québec et ses employés et affirme que le droit de grève des fonctionnaires devrait être remis en question. La performance de Justin Trudeau comme premier ministre et la question du prochain chef du PCC ont aussi été abordées.

Q : Quel bilan faites-vous de votre parti en 2015?

R : Cela a été une année plus occupée que prévu avec toutes ces élections partielles. Je crois que notre formation politique s’est bien démarquée en 2015. On a obtenu de bons résultats dan Chauveau et Beauce-Sud. Dans l’ancien fief de Gérard Deltell, j’ai obtenu plus de voix que le candidat de Québec solidaire, ce n’est pas rien. Notre Conseil national a été un succès et cela nous a permis de débattre d’idées qui vont se retrouver dans notre programme. On est une petite formation politique et on doit se battre pour obtenir de la visibilité médiatique. En 2016, je vais continuer d’être présent dans les médias de la région de Québec et dans les journaux locaux afin de faire connaître nos idées à la population québécoise. On est le seul parti politique qui se situe à droite du centre du spectre politique québécois. Donc, nos troupes vont continuer de défendre les intérêts des électeurs conservateurs, qui ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale. Ce sera notre première priorité lors de la prochaine année.

Q : Après plusieurs semaines de négociations ardues, le gouvernement du Québec et les syndicats de la fonction publique ont conclu une entente de principe. Québec va accorder une augmentation de salaire de 10% sur cinq ans à ses fonctionnaires. Que pensez-vous de cela?

R : Je trouve que le gouvernement a été très généreux avec ses employés. Ceux-ci ont obtenu des augmentations salariales de 2% par année, ce qui est beaucoup plus que l’inflation (0.7%). Québec a fait des concessions majeures, mais sans rien recevoir en retour (à part l’âge de la retraite qui va passer de 60 à 61 ans), c’est indécent. Je suis sûr que les grands leaders syndicaux sont morts de rire et qu’ils vont célébrer leur victoire, Le gouvernement libéral a utilisé le petit surplus qu’il a accumulé avec ses hausses de tarifs de toutes sortes  (d’électricité, de garderie, etc.) afin d’acheter la paix avec les organisations syndicales. C’est clairement le Québécois moyen qui en sort perdant. Ce dernier n’a pas de fond de pension blindé ni de sécurité d’emploi, mais il va devoir sortir son portefeuille et payer pour la hausse de salaire des fonctionnaires, qui sont les privilégiés du système. Il y a une chose que l’on devrait remettre en question au Québec : le droit de grève des syndicats de la fonction publique. Lors d’une négociation avec Québec, ceux-ci utilisent ce droit pour prendre en otage la population et soutirer des hausses de salaire exagérées au gouvernement. Est-ce que les fonctionnaires devraient avoir le droit de grève? La question se pose et le gouvernement devrait entreprendre une réflexion là-dessus.

Q : Le gouvernement Couillard va mettre en place un registre des armes d’épaule? Vous êtes contre cela, pourquoi?

R : Je suis totalement contre la mise en place d’un tel registre, et ce, pour trois raisons. Tout d’abord, les partisans de cette loi affirment que les corps policiers vont pouvoir l’utiliser afin de savoir si un suspect (lors d’une intervention à domicile) est propriétaire d’une arme à feu. Je crois que c’est inutile. Les policiers n’ont pas besoin d’un tel registre, car lors d’une intervention, ils doivent s’attendre à ce que le suspect soit déjà armé, c’est une question de précaution. Donc, cet outil sera inutile à cet effet. Ensuite, je suis convaincu que ce projet ne va pas seulement coûter 17 millions de dollars. Quand le ministre Moreau affirme une telle chose, il nous prend pour des valises, c’est de la foutaise. C’est écrit dans le ciel que cela va se transformer en gouffre financier, comme ce fût le cas à Ottawa. Encore une fois, ce sont les contribuables qui vont faire les frais de cette décision du gouvernement, qui est basée sur l’émotion et l’idéologie et non sur la raison. Subséquemment, une telle intervention étatique va à l’encontre d’un principe sacré de notre parti : la liberté individuelle.

Q : Cela fait deux mois que Justin Trudeau est premier ministre du Canada. Que pensez-vous de sa performance jusqu’à maintenant?

R : Sur le plan économique, je suis très déçu du message que M. Trudeau envoie aux Canadiens. Je suis très préoccupé par la situation financière et économique du Canada. Le nouveau premier ministre a fait d’énormes promesses durant la campagne électorale. Il semble vouloir aller de l’avant avec ses principales promesses (surtout son gros programme d’infrastructures) et cela veut dire que les déficits vont exploser. M. Trudeau a déjà abandonné la cible de déficits “modestes” de dix milliards de dollars par année pour en adopter une qui est beaucoup moins contraignante (ratio dette/produit national brut). Il pourrait ainsi encourir des déficits de vingt-cinq milliards par année tout en respectant cette nouvelle cible.  Je ne vois pas comment le gouvernement Trudeau pourrait revenir à l’équilibre budgétaire dans quatre ans. Justin Trudeau a la même vision économique que son père. Il ne faut pas oublier que le gouvernement de Pierre Trudeau a été le plus dépensier de l’histoire du Canada. Pendant ses années au pouvoir, ce dernier a endetté le Canada et il semble que son fils veuille aller dans la même direction.

Q : La course à la succession de Stephen Harper n’est pas encore enclenchée. Maxime Bernier est le seul qui a manifesté de l’intérêt pour l’instant. Quel est le type de leader que les conservateurs ont besoin afin de reconquérir le pouvoir dans quatre ans?

R : Évidemment, le prochain chef du parti va devoir être un conservateur dans l’âme et adhérer aux principes conservateurs. Je crois que le prochain leader du PCC va devoir avoir les capacités de bien expliquer et défendre les idées et valeurs conservatrices à la population, mais de façon positive. On sait que les médias et une bonne partie des électeurs avaient une perception négative de Stephen Harper. Il faut que les conservateurs fédéraux choisissent une personne qui sera en mesure de dégager une image positive, de bien vendre le conservatisme aux Canadiens et d’avoir de bonnes relations avec les médias.

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