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Entrevue avec le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot

Je me suis entretenu avec le chef des conservateurs provinciaux, Adrien Pouliot. Il a été question des événements à venir pour son parti, de la campagne électorale fédérale, de la candidature de son fils pour le Parti libertarien du Canada et de la pertinence de la liste d’épiceries de Québec aux partis fédéraux.

Q : Qu’est-ce qui est au rendez-vous pour votre parti cet automne?

R : Lors des deux prochains mois, on va travailler à l’organisation de nos prochains Congrès et Conseil général, qui auront lieu les 14 et 15 novembre. On va se concentrer là-dessus au cours de l’automne. Il y a un comité qui est en train de réviser l’horaire de ces deux événements. Mais habituellement, lors d’un Congrès national, il y a l’élection de l’exécutif national, un vote de confiance (pour le chef) peut être organisé et on peut proposer des changements à la Constitution du parti ; tandis qu’un Conseil national a pour but d’élaborer le programme du parti politique. Pour l’instant, un vote de confiance n’est pas prévu, mais je serais très à l’aise que mon leadership soit soumis au vote des membres du parti. Un parti politique n’appartient pas au chef, mais bien aux membres. Ce sont ces derniers qui doivent choisir leur chef. Lors des prochaines semaines, on va déterminer le contenu de ces deux événements pour notre formation politique.

Q : Pensez-vous être le chef du Parti conservateur du Québec jusqu’aux élections de 2018?

R : Si un vote de confiance a lieu lors de notre Congrès et que les membres décident de me faire confiance, je serai prêt à continuer de diriger le parti. Mon objectif a toujours été de former une formation politique avec des bases solides et je crois que j’ai réussi cela. Également, on veut être la voix de ceux qui se situent à droite du centre du spectre politique et cela est très important pour nous. Mais j’ai quand même 58 ans, je ne pourrai pas faire cela toute ma vie, mais je suis prêt à faire un bon bout de chemin afin que notre parti rentre à l’Assemblée nationale. Pour 2018, notre objectif est de faire élire des députés pour que la droite soit bien représentée au Parlement de Québec. Actuellement, cette dernière est orpheline.  Québec solidaire représente la gauche radicale et le Parti québécois le centre-gauche. Selon moi, le PLQ de Philippe Couillard n’est pas du tout de droite. Celui-ci tente de réparer le modèle québécois afin de le rendre plus efficace. Philippe Couillard ne veut pas moins d’État, il veut que le gouvernement continue d’intervenir dans la vie des gens. Pour moi, c’est de la gauche efficace comme la CAQ de François Legault. La droite doit être représentée à l’Assemblée nationale. Lors des trois prochaines années, on va travailler fort pour y arriver.

Q : Est-ce que le Parti conservateur du Québec va officiellement appuyer les conservateurs fédéraux lors de ce scrutin?

R : Pour l’instant, on n’a pas décidé de donner un appui officiel à une formation politique. Mais j’invite tous les militants du PCQ à participer activement à la campagne électorale fédérale. Ils peuvent appuyer le parti de leurs choix, mais la plupart de nos membres appuient ouvertement le Parti conservateur du Canada et dans une moindre mesure, le Parti libertarien du Canada. On a quand même quelques anciens candidats qui se présentent pour le PCC, comme Albert de Martin. Ils vont bâtir des réseaux qui pourront leurs être utiles en 2018. Subséquemment, cela va permettre à nos anciens candidats de prendre de l’expérience et cela pourrait nous être bénéfique en 2018.

Q : Quel bilan faites-vous des neufs années de pouvoir du gouvernement Harper?

R : Je ne suis pas d’accord avec toutes les politiques que M. Harper a mise en place, mais sur le plan économique, je trouve qu’il a un très bon bilan. Le Canada est le pays du G7 qui s’est le mieux sorti de la récession économique de 2008.   C’est sûr que le gouvernement Harper a mis en place un programme de stimulus économique et que cela a créé un déficit, mais il l’a éliminé depuis.   Le premier ministre canadien a misé sur une solide politique de rigueur budgétaire afin de revenir à l’équilibre budgétaire et cela a fonctionné. En l’espace de cinq ans, le gouvernement conservateur a éliminé un déficit de cinquante milliards de dollars, ce n’est pas rien. Le plus impressionnant est le fait qu’il n’a pas augmenté les taxes et impôts des Canadiens ni coupé les transferts aux provinces. Les conservateurs fédéraux ont coupé dans leur cour et on se retrouve avec un budget équilibré. Cela lui a permis de baisser le fardeau fiscal de la classe moyenne par l’entremise du fractionnement du revenu. Quoi qu’en disent ses détracteurs (la gauche québécoise), il faut reconnaître que M. Harper a livré la marchandise depuis 2006.

Q : Que pensez-vous de la candidature de votre fils, Francis, pour le Parti libertarien du Canada?

R : Francis a des convictions profondes. Il croit à la primauté des droits et libertés individuels et à la responsabilité personnelle qu’ils impliquent. Il fait partie de la nouvelle génération de Québécois qui sont désillusionnés par le modèle socialiste québécois et par l’écrasant gouvernemaman omniprésent, qui favorise le statu quo et l’ancienneté plutôt que l’innovation, la performance et les compétences. Les jeunes Québécois comme lui sont des citoyens du monde, qui croient que les Québécois doivent contribuer à un Canada uni et démocratique au sein duquel ils peuvent affirmer leur identité nationale. Ils n’ont pas peur d’un Québec ouvert aux autres cultures et ils ont confiance dans leur génie et leur potentiel de faire rayonner leurs talents à travers la planète. Je suis très fier de lui. Ça prend plus de Francis Pouliot en politique au Canada.

Q : Le gouvernement du Québec a présenté sa liste d’épiceries à toutes les formations politiques fédérales en vue du scrutin du 19 octobre. Quel est votre opinion à ce sujet?

R : Dans une fédération qui fonctionne bien, le fédéral et les États fédéraux ne doivent pas s’ingérer dans les champs de compétences de l’autre. Lors des campagnes électorales québécoises, le gouvernement fédéral n’intervient pas dans les affaires de la province. Cela devrait être la même chose lors d’une campagne électorale fédérale. Mais lors de chaque élection fédérale, le gouvernement du Québec (libéral ou péquiste c’est la même chose) envoie une liste de demandes à toutes les formations politiques. Québec veut l’argent du fédéral pour telles raisons et il veut que celui-ci intervienne dans la politique québécoise. Je trouve que cela est un exercice futile et inutile. Si M. Harper ne répond pas aux demandes de M. Couillard, je n’aurai pas de problème avec cela. Le gouvernement fédéral respecte les compétences du Québec et je crois que ce dernier devrait faire la même chose.

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