HomeEntrevuesEntrevue avec le professeur au HEC Montréal Germain Belzile : le budget Morneau : le culte des déficits

Entrevue avec le professeur au HEC Montréal Germain Belzile : le budget Morneau : le culte des déficits

Hier à la Chambre des communes, Bill Morneau a présenté son troisième budget. Le ministre des Finances a décrit son exercice financier comme étant féministe. En effet, il y a plusieurs mesures touchant le principe de l’égalité homme-femme. Mais selon les économistes, l’élément le plus important est le fait que le déficit s’élève à 18 milliards de dollars cette année et que le Canada va continuer d’écrire son budget à l’encre rouge au cours des prochaines années.

Le professeur d’économie au HEC Montréal Germain Belzile estime que Justin Trudeau a brisé une autre promesse électorale dans ce budget. « En campagne électorale, le premier ministre avait promis des déficits de 10 milliards par an et un retour à l’équilibre budgétaire pour la dernière année de son mandat. Au lieu de cela, les déficits ont explosé depuis son élection et il n’y a aucun plan de retour à l’équilibre budgétaire. C’est très inquiétant pour l’économie du pays ». raconte l’économiste en entrevue au Prince Arthur Herald.

Ce dernier nous explique que Trudeau ne peut pas justifier le déficit de cette année. « Le Canada est en pleine croissance économique et ça a permis au gouvernement d’engranger plusieurs milliards de dollars supplémentaires en revenu. Mais au lieu de réduire le déficit, il a décidé de le dépenser, c’est irresponsable », martèle M. Belzile. Celui-ci soutient qu’en période de croissance, un gouvernement doit bien gérer ses finances publiques afin de se préparer à une crise économique qui peut frapper à tout moment. « Je trouve que ce gouvernement est très imprudent. Qu’est-ce qui va arriver quand le Canada sera frappé par une récession? Les déficits vont exploser et l’État va perdre le contrôle de ses finances publiques », explique-il.

Germain Belzile constate que Justin a la même philosophie économique que son père Pierre Elliot Trudeau. « Il ne faut pas oublier que le problème des finances publiques canadiennes de la fin du 20e siècle a commencé avec Trudeau père, qui a endetté le Canada avec ses dépenses excessives et cela a été difficile de s’en sortir. Son fils est en train de faire la même chose en ce moment », dénonce-il. Ce dernier estime que le consensus sur l’importance de bien gérer les finances de l’État vient de disparaître depuis l’élection du chef libéral. « Durant les régimes Chrétien-Martin et Harper-Flaherty, la lutte au déficit et la bonne gestion des finances publiques étaient primordiales. Mais malheureusement, ce beau principe a disparu sous le nouveau régime libéral et il faut s’en inquiéter », mentionne-il.

En terminant, Germain Belzile estime que ce budget féministe confirme le triomphe de l’image sur le contenu. « Cela caractérise parfaitement l’administration Trudeau » conclut-il.

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Éditeur en chef du Prince Arthur Herald.