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Simon Leduc
Éditeur en chef du Prince Arthur Herald.

Entrevue avec le chef du PCQ, Adrien Pouliot

Je me suis entretenu avec le chef du Parti conservateur du Québec. L’entretien va porter sur sa candidature dans Chauveau, sur l’avenir de la CAQ et sur PKP le politicien.

Q : Comment va votre parti sur le terrain?

R :   C’est sûr qu’entre deux élections générales, c’est toujours plus tranquille. Sur le plan de la couverture dans les médias sociaux, cela va très bien. Il y a de plus en plus de gens qui nous suive sur Facebook. On peut compter sur 4200 supporteurs sur les médias sociaux. On est en train de préparer un congrès qui devrait avoir lieu vers la fin de l’été. Donc, en général, le PCQ continue de faire son petit bout de chemin afin de se faire connaître des Québécois.

Q : Avec le départ de M. Deltell, la circonscription de Chauveau est vacante. Il va y avoir une élection complémentaire. Est-ce que vous allez y être candidat?

R : Après mûre réflexion, j’ai décidé de porter les couleurs de mon parti dans Chauveau, car c’est un comté d’allégeance conservatrice qui votait massivement pour la défunte ADQ. C’est un terreau très fertile pour notre parti et c’est pour cela que je m’y présente.

Q : La CAQ vient de perdre un autre gros morceau avec le départ de Gérald Deltell. Croyez-vous que l’ADN de la défunte ADQ est bel et bien disparue pour de bon de la formation de M. Legault?

R : Je crois qu’il ne reste plus grand chose de la défunte ADQ dans la CAQ. L’aile droite du parti est très faible et marginale : François Bonnardel, Éric Caire et Sylvie Roy. Le premier est quand même présent dans l’espace médiatique, mais on n’entend presque plus parler des deux autres. Je crois que les anciens adéquistes n’ont plus aucune raison d’appuyer ce parti politique, parce qu’il agit comme les vieux partis. Par exemple, la CAQ a voté pour une motion concernant la création d’un registre québécois des armes à feu. C’était seulement une motion, il me semble que M. Legault aurait pu permettre à ses députés de voter selon leurs consciences. J’ai trouvé cela désolant que le chef de la CAQ ait forcé ses députés à voter pour celle-ci. On sait fort bien que certains élus étaient contre cela : Gérald Deltell et Éric Caire. Lorsque j’ai entendu le député de La Peltrie tenter de nous convaincre du bien-fondé d’un tel registre, c’était pénible à entendre. À mon avis, la droite n’existe plus dans la CAQ. Celle-ci est devenue une formation politique comme les autres. Elle commence à ressembler étrangement au PQ. Les caquistes prônent un nationalisme identitaire qui est une copie conforme du discours du Parti québécois. Lors des prochaines élections, les nationalistes vont préférer l’original à la copie. Donc, la CAQ s’éloigne de plus en plus des idéaux et valeurs de la défunte ADQ et cela devrait inquiéter les derniers députés provenant de celle-ci.

Q : Que pensez-vous de PKP le politicien?

R : Dans le passé, j’ai fait des affaires avec lui et je dois dire que je ne le reconnais plus. Depuis qu’il est en politique, il a changé son fusil d’épaule sur plusieurs sujets. Par exemple, PKP est devenu un gauchiste (très souverainiste), un grand défenseur du modèle québécois et des syndicats. Il affirme que la dette publique n’est pas une menace à la santé financière du Québec et il dénonce férocement les politiques de rigueur du gouvernement Couillard. Un Parti québécois dirigé par ce PKP va continuer de défendre deux choses que les Québécois rejettent de plus en plus : l’indépendance et la social-démocratie. Peut-être qu’il fait cela afin d’aller chercher l’appui des membres du PQ. Quand il va devenir chef, s’il veut avoir une chance de gagner les prochaines élections, il va devoir recentrer son discours afin de se connecter avec la population.