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Simon Leduc
Éditeur en chef du Prince Arthur Herald.

Entrevue avec le chef du PCQ, Adrien Pouliot : le budget Leitao et la corruption au Québec

« Le fait que nous avons un énorme gouvernement, cela attire la corruption. Les entreprises veulent obtenir les contrats du gouvernement et la tentation est donc grande de corrompre les fonctionnaires et politiciens. Donc, plus le gouvernement est gros, plus une société est corrompue », martèle le chef des conservateurs provinciaux en entrevue au Prince Arthur Herald.

Q : Jeudi dernier, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a déposé son troisième budget. Quelles sont vos impressions sur le budget libéral?

R : Tout d’abord, lors des deux dernières années, le gouvernement Couillard a réduit la croissance des dépenses publiques et cela lui a permis de déposer un budget équilibré. Mais encore une fois, les contribuables québécois n’auront pas droit à une réduction de leur fardeau fiscal. C’est cela qui me déçoit le plus de cet exercice budgétaire. Les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord. Il me semble qu’ils auraient mérité une baisse d’impôts.

D’autre part, le gouvernement libéral a décidé de réinvestir un peu d’argent dans le système d’éducation, mais ce sera très modeste si on compare cela au budget total de ce gros ministère. Subséquemment, le ministre des Finances a déposé deux milliards de dollars dans le Fonds des générations. Il faut savoir que ce dernier est une taxe sur l’électricité. Je trouve que ce geste symbolique ne va pas régler le problème de l’endettement massif de la province. Il ne faut pas oublier que la dette du Québec s’élève à 276 milliards de dollars (selon l’Institut économique de Montréal), c’est énorme.

Ensuite, les libéraux ont éliminé le déficit, mais sur le dos des contribuables par l’entremise de hausses de tarifs comme ceux des services de garde et d’électricité. Je dois quand même souligner la baisse de 2% des dépenses du ministère de l’Agriculture et la baisse des taxes sur la masse salariale pour les PME. Ce sont les deux bonnes mesures de ce budget.

Il y a une chose que les Québécois ne doivent pas oublier. Sous le gouvernement Couillard, le Québec demeure une société gauchiste, socialiste et interventionniste. Le gouvernement libéral demeure un grand défenseur du sacro-saint modèle québécois, Nous avons un gros gouvernement qui dépense sans compter et qui impose à ses citoyens, un lourd fardeau fiscal. Les quatre partis politiques présents au Parlement de Québec défendent ce système et c’est cela le problème.

Q : Que pensez-vous de l’arrestation de l’ancienne vice-première ministre, Nathalie Normandeau, par l’UPAC?

R : En premier lieu, je crois qu’il faut faire attention. Mme Normandeau a droit à la présomption d’innocence. Pour l’instant, ce ne sont que des allégations. Je crois que la Couronne devra travailler fort afin de faire un lien avec les dons politiques et les contrats qui ont été accordés aux entreprises d’ingénierie comme Roche. Je trouve que c’est une bonne nouvelle pour le système de justice québécois, car la scène provinciale est enfin touchée par les frappes de l’UPAC.

Ensuite, pourquoi il y a de la corruption au Québec? C’est la question que l’on doit se poser. La réponse est le fait qu’il y a une concentration du pouvoir qui est entre les mains de l’État québécois. Ce dernier a son nez fourré partout, il donne de gros contrats par l’entremise du ministère des Transports, de la Famille (l’octroi de places en garderie), etc. Le fait que nous avons un énorme gouvernement, cela attire la corruption. Les entreprises veulent obtenir les contrats du gouvernement et la tentation est donc grande de corrompre les fonctionnaires et politiciens. Donc, plus le gouvernement est gros, plus une société est corrompue.

Q : La cheffe du Front national, Marine Le Pen, est de passage à Québec pour un séjour d’une semaine. Tous les chefs de parti ont refusé de la rencontrer et même M. Drainville a dit qu’elle n’était pas la bienvenue dans la province. Comment avez-vous réagi face à cela?

R : Je dois dire que j’ai été renversé par la réaction de Bernard Drainville, Celui-ci a dit qu’elle devrait retourner chez elle. J’ai trouvé son geste très irrespectueux et il a manqué de classe.  Mme Le Pen est une personnalité politique française importante. Elle a l’appui du tiers des Français, Nous pouvons être en désaccord avec ses politiques, mais elle a le droit de prendre la parole et de les défendre. Je suis totalement en désaccord avec les politiques économiques protectionnistes du Front national, mais je ne vais sûrement pas empêcher la leader frontiste de parler. Il faut savoir que le FN n’est pas une formation politique d’extrême droite, mais bien de gauche nationaliste. Donc, nous vivons en démocratie, elle est la cheffe d’un parti légitime et il faut respecter cela. Je trouve cela déplorable qu’on la traite quasiment de fasciste. Le FN n’est pas un parti fasciste, mais bien de gauche nationaliste. Je trouve qu’au Québec, il faut que tout le monde pense pareil, c’est la pensée unique. Si tu n’adhères pas aux idées gauchistes, tu es cloué au pilori, c’est aberrant.