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Éric Lanthier
Commentateur médiatique sur les ondes du 92.7FM\Ottawa; 760AM\Champlain-Montréal et sur le 96.9\Lévis

Enseigner la galanterie et valoriser le respect

Si elle était à la fois enseignée comme une marque de virilité masculine et de respect envers le sexe féminin, la galanterie changerait les rapports hommes-femmes.

 

D’abord apparue au 12e siècle, la galanterie s’est manifestée sous différentes formes. En France, au 17e siècle, elle a été popularisée, et par la suite, on l’a chargée de diverses connotations. Parfois pratiquée pour la forme, souvent pour la séduction, elle était, néanmoins, une façon de mettre en valeur la personne qui en était l’objet.

La galanterie a été instituée, originalement, pour les chevaliers en herbe afin qu’ils se démarquent des paysans. On voulait qu’ils apprennent à idéaliser une seule femme et à lui montrer du respect. Le but de cet exercice ne visait pas directement la déférence envers la femme, mais plutôt l’amélioration du service du chevalier auprès de son maître. D’ailleurs, un fait intéressant ressort de cette nouvelle éthique chevaleresque, c’est que le respect à l’égard de sa prétendante produisait chez le chevalier plus de maîtrise de soi.

Dans la foulée du vaste mouvement de dénonciation de la part des femmes que nous connaissons ces derniers temps, n’est-ce pas ce que ces dames attendent de la part de leurs gentilshommes? Le respect?

Virilité et respect

C’est pourquoi, au 21e siècle, pour que chacun en ait pour son compte, la galanterie devrait connoter une qualité propre à chacun des deux intervenants. À l’initiateur, on attacherait à sa conduite la virilité et à la réceptrice, la dignité, la valeur de sa personne. Ainsi, chacun recevrait sa récompense qui viendrait avec le geste. Enfin, si la virilité masculine passait par la galanterie, on verrait inévitablement un grand respect de la femme découler du retour de cette éthique, que l’on adapterait, bien sûr, au contexte de nos sociétés contemporaines.

Arts et éducation

Pour parvenir à générer ces connotations collectives d’une galanterie contemporaine, notre société a besoin de l’industrie des arts et du monde de l’éducation. La première, pour y attacher des images qui renforceraient la virilité masculine, le second, pour inculquer aux jeunes Québécois qu’il n’y a pas de virilité sans respect de la femme, ou en d’autres mots, sans la galanterie. Sans ce couple inséparable de la virilité et du respect, l’entreprise serait vouée à l’échec.

L’authenticité

La galanterie ne doit pas être vue ou utilisée comme une arme de séduction. Elle doit d’abord et avant tout être perçue comme une marque de respect authentique. L’acte galant s’exerce à l’égard de la personne à qui l’on attribue une grande valeur, sans connotation romantique, sexuelle ou érotique.

Ainsi, la galanterie associée au respect devrait réduire le nombre d’attouchements non sollicités. Dissociée du respect à l’égard des femmes et de la virilité masculine, la galanterie perd tout son sens. C’est pourquoi, sans l’appui de l’industrie des arts et de l’univers de l’éducation, toute forme de galanterie risque de dégénérer.

Rediriger la compétition

Si les principaux concernés de l’industrie des arts et du monde de l’éducation adhèrent à ce concept, ils constateront rapidement que, sur le plan amoureux, la compétition ne se trouvera plus entre l’homme et la femme, mais bel et bien entre les hommes qui devront faire montre de la galanterie la plus estimable aux yeux des femmes. Si celles-ci recherchent une relation significative et durable, tant les arts que l’école devront ajouter à la courtoisie une valeur fondamentale : l’authenticité. Sinon, elle ne sera qu’une arme de séduction, porteuse de duperie et de tromperie.

Authenticité et respect

Non, loin d’être une arme pour tromper, la galanterie doit refléter l’attirance authentique d’un cœur vers un autre. Il est donc important qu’on ne l’associe pas à la vanité ni à la stratégie mais au respect et à la valeur de la personne. Pour atteindre ce but, nous avons absolument besoin de l’apport de l’industrie des arts et de l’univers de l’éducation. À défaut de quoi, la galanterie ne sera qu’une arme de destruction massive au service des séducteurs en quête des cœurs fragiles en manque d’affection. Or, ce que nous voulons, c’est d’élever le respect comme une valeur incontournable dans nos relations hommes-femmes et comme une forme admirable de virilité. Voilà de quoi gagner le cœur des hommes et protéger les femmes.