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La liste Saucier des livres à donner à Noël

Parfois, quand on cherche un titre accrocheur pour une chronique littéraire, on peut laisser le Marc Cassivi en nous s’exprimer librement. C’est valorisant de savoir qu’il est là, toujours prêt à faire aimer la littérature aux lecteurs du Prince Arthur Herald, grâce à LA LISTE SAUCIER DES LIVRES À DONNER POUR NOËL !!!! (écho).

Pour le fan d’histoires militaires qui veut autre chose qu’une biographie de Napoléon cette année

Il a gagné le Goncourt et a écrit une très belle histoire sur la Première Guerre mondiale : Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre. Au revoir là-haut… Cette phrase a été prononcée par Jean Blanchard, fusillé en 1914 pour traîtrise. En 1921, il fut réhabilité grâce au travail acharné de son épouse. Une lourde tâche, pénible, qui lui a valu nombre de moqueries et railleries. C’est un roman qui parle d’hypocrisie dans une France qui accorde plus d’importance à ériger des monuments aux morts qu’à s’occuper des survivants de la Grande Guerre. Ne riez pas, je suis sûr qu’au Canada et en Grande-Bretagne, des choses semblables se sont vraisemblablement produites…

 Également, il y a Le Feu, roman autobiographique de Rémi Barbusse sur ses activités de soldat lors de la Grande Guerre, véritable chef-d’oeuvre de la littérature de guerre et… prix Goncourt de 1916 !

 Pour le fan de littérature canadienne qui sait nommer d’autres écrivains que Margaret Atwood et Robertson Davies. Qui ? Robertson Davies

Connaissez-vous Joseph Boyden ? En 2013, il a été le chou-chou de la littérature canadienne. D’abord, son recueil de nouvelles intitulé Born With a Tooth a été réédité. Ensuite, son tout nouveau livre, The Orenda, est paru cet automne. C’est la rencontre entre deux époques charnières dans l’histoire des autochtones. Un livre d’une grande beauté et d’une certaine violence aussi.

 Pour le fan de bandes dessinées qui cherche des histoires hors de l’ordinaire (et qui veut aussi Astérix chez les Pictes)

Bon, alors Astérix chez les Pictes. Et voilà, voeu exaucé ! Mais encore… J’y arrive ! Mauvais Genre de Chloé Cruchaudet, une histoire d’après-guerre aussi poignante que tordue, couronnée meilleure BD de 2013 par le magazine Lire. Du côté des BD québécoises, je conseille fortement l’adaptation du roman L’Amérique ou Le Disparu de Franz Kafka par le talentueux Réal Godbout (Michel Risque, Red Ketchup).

Pour le fan de hockey qui ne lit QUE sur le hockey

Fan de hockey ? Conservateur ? Vous ne voudriez manquer le livre du premier ministre Stephen Harper. Intitulée Un sport légendaire : les Maple Leafs d’autrefois et l’essor du hockey professionnel, cette brique (soyez sans crainte, il y a des images au milieu) se penche sur les débuts du hockey à Toronto, lieu des origines du hockey amateur.

 Également, un tour du chapeau sans équivoque, que vous soyez fan des Bruins, du Canadien ou des Blue Jackets de… Columbus, c’est ça ? : l’autobiographie de Bobby Orr intitulé Orr : My Story.

 Pour le fan d’histoire de l’art qui est Ami du Musée des Beaux-arts et qui cache une oeuvre de Muriel Millard dans son garde-robe

Deux classiques qui nous plongent dans les méandres de deux mouvements artistiques : d’abord l’impressionnisme avec L’Oeuvre d’Émile Zola, ensuite le symbolisme avec À Rebours de Joris-Karl Huysmans.

 L’Oeuvre constitue le quatorzième volume de la vie des Rougon-Macquart. Mais ce n’est pas la peine de se taper les treize autres avant L’Oeuvre, qui raconte la «vie» du peintre Claude Lanthier, fils de Gervaise Macquart et d’Auguste Lanthier (L’Assommoir, Le Ventre de Paris). Claude combat pour imposer une nouvelle forme de peinture, bien éloignée des canons néo-classiques qui ont la faveur des expositions officielles. Or, Lanthier va d’échec en échec… Artiste incompris, comme l’ont été bon nombre du mouvement impressionniste !

 Qu’en a À Rebours, on a là un antiroman qui vante le courant artistique du symbolisme, de Verlaine à Corbière, en passant par Odilon Redon et Gustave Moreau. Le personnage central de cette histoire, le fantasque et étrange Des Esseintes, qui aurait fortement inspiré Oscar Wilde pour la rédaction de son chef-d’oeuvre Le Portrait de Dorian Gray.

 Pour le fan de clash d’idées autre que le but d’Alain Côté et le retour des Nordiques

Dans le coin droit, pesant 59 pages et publié aux éditions Accent Grave de Daniel Laprès, nous retrouvons Lettres à un jeune gauchiste de Martin Lemay. Dans le coin gauche, pesant 224 pages et publié aux éditions Lux de Jean-François Nadeau, nous avonsTenir tête de Gabriel Nadeau-Dubois.

 En quelques lettres écrites en marge du printemps dit «érable», Martin Lemay veut remettre à sa place gentiment, sans propos choc, un jeune qui arbore fièrement le carré rouge. Dans un essai écrit dans un style percutant, Gabriel Nadeau-Dubois remet en question les faits et gestes d’une certaine élite québécoise qui carbure au mercantilisme. Qui l’emportera ?

 Ce n’est pas grand chose, je le sais. J’ai mes limites (1000 mots maximum). D’ici là, je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année 2014. Cette chronique reprendra en janvier 2014.