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Résumé de la conférence de Jean-Pascal Van Ypersele Partie 1 – Bienvenue à Terra Incognita

Mercredi se tenait une conférence sur les changements climatiques intitulée « Espoir sur fond de désespoir climatique » à l’amphithéâtre du pavillon des sciences de l’UQAM donnée par l’ancien vice-président du GIEC, Monsieur Jean-Pascal Van Ypersele. La salle est pleine, et les yeux sont attentifs, fixés sur le grand homme grisonnant qui se tient sur le podium. Il introduit sa conférence avec un certain humour en abordant les images prises par le satellite Cassini et oh combien la Terre est petite vue de Saturne. D’une manière plus sérieuse, M. Ypersele aborde tout d’abord avec une phrase clé : Ce n’est pas la planète qui est en danger, mais bien l’habitabilité de celle-ci. Or, l’habitabilité est en grande partie influencée par l’atmosphère, qui pour sa part est essentielle mais fragile. Sur cela, il présente une figure intéressante, démontrant les limites que nous avons atteint ou que nous risquons d’atteindre. Comme il l’a si bien dit, quelques sphères sont de loin dépassées, mais d’autres sont encore en bas du seuil que nous devons éviter. Cette figure est la suivante : Le nom de sa conférence portant autant l’espoir et le désespoir, ceux-ci prends la forme de dix points clés qu’il nomme les 10 raisons du désespoir, ou de l’espoir. Pour être honnête, la majorité de ses points relèvent du désespoir, bien que j’aie perçu un optimiste et une confiance accrue dans le genre humain de la part de Mr. Ypersele. Voici donc, résumés dans mes mots mais en reprenant les données, les dix points essentiels de sa conférence. L’impact humain sur les changements climatiques est quasi certain Bien que nous ayons tendance à remettre la faute des changements climatiques sur le dos du parcours naturel de la planète, la certitude de l’impact humaine sur les changements climatiques est de l’ordre de 95% dans le dernier...

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Le Royaume-Uni post-COP23 – Partie 4 : L’éolienne offshore comme solution au charbon

Depuis Tony Blair, l’importance d’un plan de remplacement britannique pour s’enligner vers l’énergie renouvelable a pris de l’ampleur. Et comme mentionné dans mes trois derniers articles, le Royaume-Uni se trouve dans une certaine impasse suite à sa décision concernant le charbon traditionnel. Entre le nucléaire et l’éolien, le pays aurait un avantage économique à choisir l’énergie nucléaire. Or, ce n’est peut-être pas la meilleure solution si nous observons le décor en entier. En outre, le Royaume-Uni est bien positionné pour produire de l’électricité grâce aux éoliennes offshore, qui ont une productivité entre 30% et 40% au lieu des éoliennes onshore dont la productivité est entre 25% et 30%. Une éolienne offshore est une éolienne qui se situe dans la mer tandis qu’une éolienne onshore se trouve sur la terre. Utiliser des éoliennes offshore comme énergie renouvelable est plus pratique pour le Royaume-Uni même si cela présente certains désavantages dont la difficulté d’accès en mer. Le Royaume-Uni a tout de même des éoliennes offshore et onshore : « En septembre 2010, 270 fermes éoliennes étaient installées au Royaume-Uni avec 3 088 turbines représentant une capacité cumulée de 5 080,3 MW. [1]» De plus, étant donné que les éoliennes offshore représentent un plus grand coût, cette source d’énergie demande un investissement de la part du pays à travers des subventions publiques et des incitations financières pour encourager les entreprises à prendre cette direction, ce que le pays n’est peut-être pas prêt à faire pour le moment. D’un autre côté, l’énergie éolienne a le potentiel de pouvoir être commercialisable, sous la mesure de grands investissements, contrairement au solaire qui ne pourrait pas être vivable au niveau commercial. Or, avec le nucléaire à portée de main, sans subventions convenables, la route vers l’énergie éolienne pourrait s’avérer moins avantageuse pour les compagnies. Comme vu précédemment, les ressources...

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Le Royaume-Uni post-COP23 – Partie 2 : Est-ce vraiment viable?

Quelle est la situation du charbon au Royaume-Uni, exactement? Est-ce que la décision de l’arrêt du charbon traditionnel à la COP23 représente vraiment un changement important pour le Royaume-Uni? Et comme mentionné dans mon article précédent, est-ce qu’il s’agit d’une décision réaliste ou bien s’agit-il d’une autre promesse qui risque de s’envoler avec le temps par faute de réalisme? Pour cela, il faut comprendre que le Royaume-Uni dépend encore du charbon traditionnel pour produire une partie de son électricité, mais la tendance vers la fin de cette dépendance au charbon semble s’être entamée depuis plusieurs années déjà. Pour nous donner une idée, regardons cela d’un peu plus prêt. Premièrement, le charbon était encore utilisé pour 20% de l’électricité en 2013, comparativement à 31% en 1990. D’un autre côté, les énergies renouvelables ont connu une croissance d’uniquement 4% entre 1990 et 2013, étant passé de 1% à 5% seulement. Si nous regardons la quantité de charbon transformé, en milliers de tonnes, nous pouvons voir une forte diminution depuis les années 1990. En effet, la transformation de charbon pour générer de l’électricité était à l’ordre de 48 588 milliers de tonnes en 1998; ce chiffre était de 47 741 en 2002; de l’ordre de 39 681 en 2009; de 38 234 en 2014[1]. Ainsi, le fait qu’une diminution relativement minime dans les années 90 aurait impacté de 20% les émissions du pays prouvent que la pente qu’a choisi le Royaume-Uni de continuer de diminuer son utilisation de charbon semble donner de bons résultats. En 2015, ce chiffre est passé à 29 330, et à 12 058 en 2016.[2] Donc, il y a réellement une diminution importante de la transformation du charbon comme source traditionnelle d’énergie, bien qu’il ne s’agisse pas d’un arrêt total de la production comme prévu préalablement en 2015. Dans le rapport de 2015, l’OCDE...

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Catalogne : Deux illusions mises en échec

L’élection régionale catalane du 21 décembre constitue la conclusion provisoire d’une saga qui a débuté il y a sept ans et qui a atteint son paroxysme cet automne. Son résultat consacre l’échec de deux illusions. La première illusion est celle qu’entretenaient les indépendantistes catalans. Que leur démarche unilatéraliste ait relevé de la pensée magique n’est plus à démontrer. Cette démarche reposait sur une lecture erronée du droit international, selon laquelle tout peuple dispose du droit sacré de faire sécession de l’État dont il fait partie. Si un référendum donnait aux partisans de l’indépendance une majorité, quel qu’en soit le volume, et quel que soit le taux de participation, la démocratie obligeait les opposants à se soumettre, l’État central à y acquiescer, et les autres pays du monde à reconnaitre le fait accompli. Confrontés dès le départ à l’insuffisance de leurs appuis, à la fermeté du gouvernement espagnol et à leur propre isolement au sein de la communauté internationale, ils ont joué la politique du pire. Après avoir imposé à la hussarde un cadre légal d’une inconstitutionnalité flagrante en septembre, ils ont cru que la répression physique par l’État central de leur référendum ferait basculer dans leur camp les appuis qui leur manquaient en Catalogne tout en délégitimant l’Espagne aux yeux du monde, rendant la sécession inévitable. Dans les faits, le 90% d’appui à l’indépendance, reposant sur 42% de l’électorat, reposait sur la non-participation des opposants. Aucun pays n’aurait accepté de s’incliner devant un tel résultat. Les gestes très graves qui ont suivi (suspension de l’autonomie catalane, emprisonnement des dirigeants indépendantistes) ont suscité à l’étranger une émotion minimale. Bien que les indépendantistes conservent une majorité légèrement réduite au sein du Parlement catalan, leurs appuis sont pourtant demeurés au même niveau (47%) qu’en 2015. L’indépendance demeure un choix minoritaire. Il reste...

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Le 6 décembre 2017 : une date vraiment historique

Une expression souvent utilisée dans les médias est « historique » comme si chaque évènement, depuis un résultat électoral inattendu jusqu’à un mariage princier, avait réellement une dimension historique. Le 6 décembre 2017, jour de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël par les États-Unis, entrera dans l’histoire de l’humanité non pas comme un épiphénomène, certes intéressant, mais sans grande conséquence, mais comme une date majeure. Déjà des dirigeants évangéliques américains comparent le président Trump au Roi Cyrus, le souverain qui avait autorisé la reconstruction du Temple de Jérusalem détruit 70 ans auparavant, en 586 av., par Nabuchodonosor. Ces dates expliquent pourquoi Jérusalem est appelée « la Ville Éternelle ». Elle fait partie de ces rarissimes agglomérations qui remontent à la nuit des temps. Elle est la seule ville à avoir donné naissance à une expression la citant, « l’an prochain à Jérusalem » qui date du premier exil des Juifs sous Cyrus nommé         plus haut. Elle est la seule a avoir une signification religieuse multiple: fondamentale pour le judaïsme qui y voit le lien entre le Ciel et la Terre, centrale pour le christianisme car Jésus y a prêché, importante pour l’islam, loin après La Mecque et Médine, car Mahomet y est passé en songe avant de monter au Ciel. Jérusalem, c’est le moins qu’on puisse dire, ne laisse pas indifférent. Lorsque l’ONU a voté le plan de partage de la Palestine en 1947, il prévoyait un « corpus separatum », un statut spécial international pour Jérusalem et Bethléhem. Ce plan, inapplicable car comment administrer deux villes qui ne relève d’aucune autorité étatique, réfuté par les premiers intéressés, les Arabes et les Juifs, n’existe plus que dans les fantasmes onusiens. Après la guerre de 1948 et la division de Jérusalem, les Israéliens ont établi leur capitale dans le secteur occidental, les Jordaniens ont annexé...

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LA SÉCULAIRE CONVERGENCE ISLAM-EXTRÊME-GAUCHE

Je regardais récemment un excellent film consacré à la vie de Jack Reid. Ce fut un révolutionnaire américain, épris d’idéaux communistes, qui quitta son Amérique natale, sa riche famille de l’Oregon, sa vie heureuse et débridée de New York, pour mettre en œuvre l’entreprise communiste là où l’histoire se faisait alors, c’est-à-dire en Union Soviétique. Le tsar vient d’être renversé. L’URSS vient de se créer. Elle est assaillie de toutes parts. À l’intérieur par les Russes blancs, ennemis jurés et redoutables du communisme, qui lancent des troupes aguerries contre l’Armée Rouge. À l’extérieur, par toutes les puissances qui veulent écraser la révolution dans l’œuf. Le Comintern [1], organe central du Parti communiste soviétique, sous l’impulsion de Grigory Zinoviev, doit développer une stratégie de survie pour sauver l’État communiste. L’idée est simple et puissante : rassembler les masses de travailleurs, ouvriers et paysans de l’Orient. La stratégie commence concrètement par un congrès du Parti communiste qui se tient à Bakou, en Azerbaïjan. Jack Reid, récemment nommé au Comintern, participe au congrès. Il rédige des discours en anglais, lesquels sont traduits en russe, à l’attention de Zinoviev qui doit les lire devant les membres des multiples partis communistes présents à Bakou. Après que Zinoviev ait prononcé son discours, Reid vient le voir, furieux. Reid comprend assez bien et parle assez bien le russe. Il a constaté que Zinoviev a changé radicalement le discours écrit pour lui par Reid. Zinoviev a introduit dans le texte le concept de DJIHAD (guerre sainte) : Guerre sainte contre les impérialismes et les colonialismes bourgeois français et anglais en particulier. Pourquoi? Une partie substantielle des délégués du Congrès de Bakou sont musulmans. Les concepts marxistes de lutte de classe leur sont passablement étrangers. Dans les pays musulmans d’Asie, l’industrialisation est presque totalement absente et la classe ouvrière est...

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