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La leçon ratée de Boucar

Il me semble que, malgré le fait que le grand-père de Boucar Diouf lui a appris pas mal de choses, il a oublié de lui apprendre ce qu’est une société de droit et la signification d’une charte de droits et libertés. Son dernier billet en est la preuve ostentatoire. Le vivre-ensemble, cher Boucard, n’est pas de faire de compromis d’une part ou d’une autre sur nos libertés et droits fondamentaux, mais plutôt le respect de ces derniers qu’on soit d’accord ou pas sur comment on les exerce. Par ailleurs, M. Diouf illustre l’enjeu entourant le multiculturalisme en le comparant à une « compétition d’Aïkido » où chacun essaie de tordre le bras de l’autre en utilisant sa force contre lui. Mais quelle idée tordue! Cher Boucard, ne vous prononcez pas sur des sujets que vous ne comprenez pas, s’il vous plait. Votre analogie démontre clairement que vous n’ avez aucune idée de ce que c’est, l’Aïkido! (Oui, je suis un maître d’Aïkido et je sais de quoi je parle.) Les mots « compétition » et « Aïkido » sont antonymes. Ce dernier signifie littéralement ”la voie d’être en harmonie avec l’énergie”. L’Aïkido sert à concilier deux forces opposantes afin de les rendre une seule, encore plus puissante. En d’autres mots, il favorise le vivre-ensemble entre adversaires, les personnes aux opinions différentes, de cultures différentes… et non pas la victoire de l’un contre l’autre. La seule victoire que l’Aïkido rapporte est celle sur soi-même. Alors oui, le multiculturalisme est comparable à l’Aïkido, mais pas en tant que compétition, mais en tant qu’outil de conciliation afin de faire de notre diversité notre force et non pas notre faiblesse. Votre billet flatte dans le sens du poil tous ces nationalistes identitaires qui veulent assimiler “l’autre” au détriment du respect de nos droits...

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J’ai un secret à partager

J’ai un secret à partager. Je fais partie d’un groupe d’extrême droite dit dangereux. J’ai été acceptée au sein du groupe après avoir répondu à un petit questionnaire très simple.  Je devais posséder un permis de possession d’arme à feu et me voilà donc potentiellement « dangereuse ». Mais non, je suis toute douce… J’ai appris l’existence de ce groupe via les nouvelles québécoises.  Je ne suis pas la seule car plusieurs nouveaux membres ont eu la même envie en lisant l’article consacré au groupe III%.  Radio Canada, sans le savoir, s’est révélée être une excellente plateforme de publicité. Pourquoi j’ai joint le groupe?  Par curiosité, tout simplement.  Je voulais en avoir le cœur net : À quoi peut ressembler l’extrême droite québécoise? Il n’y a pas d’extrême droite au Québec.  Il y a probablement quelques illuminés trop isolés pour réellement s’organiser, mais il n’y a aucun groupe qui pourrait se définir comme tel. Pour en faire une parenthèse, je suis toujours surprise de constater que nos journalistes n’ont pas une juste compréhension des différentes idéologies politiques. Il existe plusieurs graphiques qui positionnent les idéologies politiques mais ils peuvent vous enduire en erreur.   Source  Dans ce graphique, le communisme serait à l’extrême gauche opposé au néolibéralisme. Pourtant le communisme est également une « absence de droit » et devrait être opposé aux libertariens. Ce graphique me semble un peu plus compréhensible.  L’absence de droit ou encore la surrèglementation nous amène tout en haut, opposé à l’anarchie, et ce, que l’on soit de gauche ou de droite.  Je sens que plusieurs vont critiquer certaines positions mais le sens y est plus réaliste. Pour ma part, je me positionne à l’étoile au libellé « libertarien ».  Où êtes-vous situé? Pour en revenir au groupe III%, si l’extrême droite est caractérisée par le racisme, l’interventionnisme et l’autoritarisme; les...

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Une ultime chronique littéraire

J’ai toujours aimé les livres. Chez mes parents, il y en avait partout. Des romans policiers parce que mon père comptable pouvait aisément s’y évader et oublier quelques minutes ses colonnes de chiffres et ses états financiers, des dictionnaires et des encyclopédies, des recueils d’histoire, des ouvrages plus « littéraires » qui appartenaient à ma mère, des bandes dessinées et j’en passe. Ma chambre aussi était remplie de livres, notamment des histoires de Disney et des exemplaires des Farfeluches, une série à caractère éducative. Forcément, ma carrière de journaliste se devait de prendre une tangente plus littéraire ! Depuis 2014, j’ai rédigé pour vous plusieurs chroniques de lecture. J’ai tenté de vous donner goût à des genres ignorés, voire dénigrés par certains. La poésie par exemple. Que serait le monde sans poésie ? « Des comptables » disait Jacques Brel. Pardon papa ! Vrai que tu as trouvé le terme « poète entrepreneur » pour l’une de tes conférences ! Imaginez Dante écrire un rapport annuel ! En même temps, puisqu’il a été un grand calculateur de vers, on peut d’ores et déjà imaginer que ses rapports seraient rédigés comme s’ils étaient des épopées ! Ou Baudelaire : quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur nos profits… Maintenant ? C’est à mon tour d’écrire un livre. À mon tour de pondre mes cinq pages par jour. De lire et relire mes chapitres. De biffer certains passages, d’en modifier d’autres. De douter. Mon sujet portera sur l’autisme, plus précisément sur la vision d’un père face à l’autisme de son fils. Les hauts et les bas d’une vie avec un enfant différent. De nombreux défis, certes, mais de belles histoires aussi. Je prends donc une longue pause durant laquelle j’écrirai, mais aussi lirai divers ouvrages sur l’autisme, divers bouquins de pères qui relatent leur...

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Un peu de dédramatisation – Guillaume Ratté-Côté

Dramatiser est un comportement répandu chez le genre humain. Trop de gens seront tentés de dramatiser la situation qui prévaut actuellement en ce qui a trait à l’immigration et aux groupements pseudo politiques qui s’affrontent. Ce serait l’ère des miliciens. Ce serait l’invasion barbare endossée par des dirigeants cachant leurs plans en ce sens. Ce serait la montée du fascisme. Dédramatisons un peu. Ce genre d’agitation est cyclique et revient de moins en moins durement, malgré quelques soubresauts. Nous sommes très loin de l’ère du FLQ, encore plus des années où la ségrégation du sud s’est terminée dans le chaos. Les pires moments aujourd’hui sont de l’acabit des anecdotes perçues comme bénignes il y a peu de temps. Tout de même, il y a de quoi prendre un pas de recul et réfléchir. Il est possible de former un groupe qui remet en question l’immigration sans être un nazi. Le nazisme a été vaincu au prix de millions de vies, dont des dizaines de milliers étaient canadiennes. Il ne doit pas être toléré et il est compréhensible que ceux soupçonnés d’y être sympathiques suscitent les pires sentiments et dispositions. Toutefois, dans toute situation difficile, la recherche du dénouement idéal requiert la recherche de l’équilibre et la patience nécessaire à s’approcher au plus près de la vérité. Battre un énergumène qui fait le salut nazi est donc loin d’apporter une contribution, aussi séduisante cette idée puisse-t-elle être par moments. S’octroyer le droit de se faire justice, c’est ni plus ni moins qu’une enjambée vers le totalitarisme. La bonne nouvelle, c’est que parmi tous ces gens qui s’agitent à tort et à travers par les temps qui courent, aucun ne prône ouvertement le totalitarisme. Il y a donc peut-être bien plus d’espoir qu’il n’y paraît. Chacun peut trouver un terrain d’entente....

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Rona, le fisc et la dérive de fonction – Maxime Rousseau

Depuis maintenant plusieurs mois, Rona s’est engagée dans un combat légal qui lui sera probablement défavorable, mais qui est d’une importance capitale. Revenu Canada exige que l’entreprise leur transfert une liste de leurs clients commerciaux, sous prétexte de pouvoir faire des vérifications sur les entrepreneurs ne déclarant pas la totalité de leurs revenus d’entreprise. Sous la noble bannière de la lutte à l’évasion fiscale, Revenu Canada entend se donner le pouvoir d’audit non seulement sur les fraudeurs présumés, mais aussi sur tous les entreprises et personnes honnêtes qui seraient coupables par association. Rappelons d’abord que dans cette histoire, Rona n’est pas présumée avoir eu des manquements vis-à-vis le fisc. L’entreprise, comme tous les commerces, se doit de prélever le tribut de 5% exigé par nos maîtres au gouvernement fédéral, et n’a pas failli à cette obligation. Si les entreprises peuvent se faire déduire les taxes quand ils préparent leurs déclarations, la taxe est toujours prélevée au moment de la vente. L’objectif est plutôt de pouvoir utiliser la liste des clients pour cibler des entrepreneurs qui seraient potentiellement fraudeurs. Comme si le fisc n’avait aucun moyen de cibler les entreprises de construction autrement. Comme si les 1277 entreprises n’étant pas à jour dans leurs rapports d’impôts (chiffres fournis par le fisc via le Journal de Montréal) n’étaient pas une priorité. Comme si imposer des efforts aux entreprises conformes pour traquer les mauvais payeurs étaient une idée tout à fait raisonnable. Bien entendu, il y a un fondement légal assez clair à la décision rendue par le juge Martineau. Comme le souligne l’ordonnance, la loi prévoit que le Ministère du Revenu peut exiger tout renseignement ou document de toute personne ou groupe, identifié nommément ou pas. La justification est que l’application de la loi sur l’impôt et le revenu nécessite “de larges pouvoirs...

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Migrants : l’indigence intellectuelle du Premier ministre – Joël Chassé

Le dossier des migrants syriens et celui plus récent de ceux se présentant au poste frontalier de Lacolle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Certains sont pour un accueil tous azimuts, d’autres sont pour une fermeture de la frontière. Dans un cas comme dans l’autre, cet enjeu soulève encore une fois des préoccupations sur la capacité d’accueil du Québec et les balises du vivre ensemble. Ce texte ne prendra pas position, mais s’intéressera au devoir politique de ceux qui nous gouvernent. Ce matin du 15 août alors qu’il annonçait le candidat à la succession de Sam Hamad dans la circonscription de Louis-Hébert, le premier ministre a accusé les chefs des deux principaux partis de l’opposition, Jean-François Lisée et François Legault, de susciter la mobilisation des groupes d’extrême droite dans le dossier des migrants. Philippe Couillard a même déclaré de façon mensongère que Lisée et Legault voulaient construire un mur sur la frontière canadienne juste avant d’affirmer que son « rôle c’est de répondre à ça par des paroles de sagesses, d’équilibre et surtout, par la vérité »… Depuis 2007, le débat sur les accommodements raisonnables divise les Québécois sans qu’aucune loi ne soit adoptée par nos élus québécois. Rappelons que depuis cette période le Parti libéral du Québec a été au pouvoir  109 mois sur 128. La dernière élection générale de 2014 a en même fait un thème central en s’articulant autour de la Charte des Valeurs. Le slogan du Parti libéral du Québec : Ensemble, on s’occupe des vraies affaires. Lors de cette campagne, une des promesses de Philippe Couillard était légiférer dans la première année de son mandat sur la question. À la moitié de la 3ème année du mandat du gouvernement libéral, aucun encadrement n’a été adopté. Pire, le consensus social issu de la Commission Bouchard-Taylor a...

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