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William Korbatly

Me William Korbatly est un avocat québécois, médiateur accrédité et membre du Barreau du Québec, qui a commencé sa pratique de droit en 2002 au Liban. Durant sa pratique, outre le domaine du droit des affaires, il fut impliqué pendant sa pratique au Liban dans une centaine de dossiers en droit de la famille fondés sur les trois religions monothéistes. Il est membre de plusieurs conseils d'administration et impliqué dans la société au niveau sociale, charitable et politique. Il dirige son propre cabinet boutique "Korbatly et Associés", un cabinet multidisciplinaire formé d'avocats et de notaires.

Le casse-tête de la représentativité culturelle

Depuis plusieurs années maintenant au Québec, les campagnes de sensibilisation sur l’importance de la représentativité culturelle au sein des différentes sphères de la société ne cessent, avec raison, de s’intensifier. Le Québec devient de plus en plus diversifié et avec tous ces messages d’inclusivité dont nos politiciens excellent en promulguant la promotion, on croirait que parler des problèmes de discrimination, de racisme ou de xénophobie est un discours démodé et datant d’une autre époque. Malheureusement ce n’est pas le cas. L’impression (et je dis bien l’impression) est que le Québec, en comparaison avec le reste du Canada, est en grande majorité blanc, catho-laïque et fermé, qui a peur de donner plus de place à ” l’autre”, par crainte de perte sa langue et sa culture majoritaire. Et le dernier débat « historique » à l’Assemblée nationale sur le Bonjour-Hi, en est la preuve ostentatoire. Quand une personne a peur sur son identité en raison de deux lettres de l’alphabet, le problème n’est pas dans ces deux lettres mais plutôt chez elle. Revenons au manque de la diversité culturelle dans la société. Suite à l’élection du Projet Montréal et de la victoire de Valérie Plante à la tête de la ville de Montréal, beaucoup de critiques, même de leurs propres militants, ont été formulées contre eux à cause du manque de diversité dans leurs rangs et les postes exécutifs. Par ailleurs, très récemment, une demande en justice contre eux et les partis d’opposition a été introduite par le candidat de Projet Montréal à la mairie de Montréal-Nord, Balarama Holness ( http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1070946/projet-montreal-allegations-racisme-systemique-balarama-holness ) Je ne veux pas me prononcer sur la justesse de ces évènements, mais j’aimerais soulever quelques questions. Est-ce que c’est la faute de Projet Montréal que les candidats issus de la diversité n’ont pas gagné? À défaut d’élus issus de la diversité, ils vont combler ce manque comment? Est-ce que...

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La loi 62, la suite des choses…

On le sait maintenant, c’est adopté, le PL62 est devenu une loi. Je ne veux pas entrer dans les technicalités juridiques et les jurisprudences en la matière, je l’ai déjà exprimé dans un autre de mes billets qui traitait du même sujet. http://quebec.huffingtonpost.ca/william-korbatly/le-projet-de-loi-62_b_15178782.html Je veux plutôt parler de l’avenir de l’adoption de la loi 62, décrite comme suit : « Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État et visant notamment à encadrer les demandes d’accommodements pour un motif religieux dans certains organismes » plus spécifiquement des sections II « Services à visage découvert » et III « Accommodement religieux », mais tout d’abord. Plaçons cette loi dans son contexte social. Depuis Bouchard-Taylor, le débat concernant la place de la religion dans l’espace public ne cesse de s’intensifier. En gros, deux camps s’opposent: ceux qui veulent que la religion disparaisse complètement de l’espace public, et ceux qui n’acceptent aucune atteinte à leur liberté de conscience ou de religion. Le premier camp a trouvé un allié dans les groupes d’extrême-droite, qui appellent à la haine et à l’exclusion de tout ce qui n’est pas pure laine (ou assimilable à la ”purelaineté”), et le deuxième l’a trouvé dans les groupes d’extrême-gauche qui appellent à l’anarchisme et au chaos total. Ce clivage a empoisonné le débat public. On est rendu qu’à chaque fois qu’on veut défendre le droit des Québécois de souche francophones de préserver leurs valeurs et identité, on est taxé de racisme, nazisme et de suprématie blanche, et qu’à chaque fois qu’on veut défendre le droit fondamental de certains Québécois issus de la diversité de pratiquer leur religion sans discrimination, on est taxé de fanatisme et d’alliance au terrorisme. Bref, c’est le bordel. Et c’est dans ce contexte toxique que la loi 62 est venue, pour déclarer que...

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La leçon ratée de Boucar

Il me semble que, malgré le fait que le grand-père de Boucar Diouf lui a appris pas mal de choses, il a oublié de lui apprendre ce qu’est une société de droit et la signification d’une charte de droits et libertés. Son dernier billet en est la preuve ostentatoire. Le vivre-ensemble, cher Boucard, n’est pas de faire de compromis d’une part ou d’une autre sur nos libertés et droits fondamentaux, mais plutôt le respect de ces derniers qu’on soit d’accord ou pas sur comment on les exerce. Par ailleurs, M. Diouf illustre l’enjeu entourant le multiculturalisme en le comparant à une « compétition d’Aïkido » où chacun essaie de tordre le bras de l’autre en utilisant sa force contre lui. Mais quelle idée tordue! Cher Boucard, ne vous prononcez pas sur des sujets que vous ne comprenez pas, s’il vous plait. Votre analogie démontre clairement que vous n’ avez aucune idée de ce que c’est, l’Aïkido! (Oui, je suis un maître d’Aïkido et je sais de quoi je parle.) Les mots « compétition » et « Aïkido » sont antonymes. Ce dernier signifie littéralement ”la voie d’être en harmonie avec l’énergie”. L’Aïkido sert à concilier deux forces opposantes afin de les rendre une seule, encore plus puissante. En d’autres mots, il favorise le vivre-ensemble entre adversaires, les personnes aux opinions différentes, de cultures différentes… et non pas la victoire de l’un contre l’autre. La seule victoire que l’Aïkido rapporte est celle sur soi-même. Alors oui, le multiculturalisme est comparable à l’Aïkido, mais pas en tant que compétition, mais en tant qu’outil de conciliation afin de faire de notre diversité notre force et non pas notre faiblesse. Votre billet flatte dans le sens du poil tous ces nationalistes identitaires qui veulent assimiler “l’autre” au détriment du respect de nos droits...

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Une loi sur l’interculturalisme, ça presse! – William Korbatly

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a assisté à la naissance de divers courants prônant l’instauration d’un nouveau mode de communication entre pays basé sur l’ouverture à l’autre et sur la multiplication des échanges commerciaux. On cherchait à rendre les humains de partout à travers le monde plus connectés, plus libres de s’échanger, plus accessibles les uns les autres. C’est ainsi que le concept de mondialisation (« Globalization » en anglais) fut de plus en plus employé et il gagna énormément en popularité. Appliquer ce concept dans un contexte d’une augmentation importante des actions migratoires après la guerre a donné lieu à une nouvelle réalité en pays d’Occident, celle du pluralisme culturel. Il signifie la présence d’une diversité culturelle différente de la culture majoritaire dans des pays qui étaient plutôt homogènes. Les pays concernés avaient alors le défi de la gestion de cette diversité culturelle. Parmi ces pays, le Canada était, en 1971, le premier à adopter une politique de gestion de cette nouvelle réalité et l’a appelée « politique sur le multiculturalisme ». En 1982, avec le rapatriement de la Constitution, le multiculturalisme fut ajouté dans la Charte canadienne des droits et libertés comme principe interprétatif de ses différentes dispositions. Et, finalement, le 21 juillet 1988, la Chambre des communes adopta la Loi sur le multiculturalisme canadien. Fin de l’énorme parenthèse historique. Maintenant, revenons au 21ème siècle. Le 1er juin 2017, le gouvernement libéral de Philippe Couillard a dévoilé sa politique d’affirmation du Québec et des relations canadiennes dans un document intitulé « Québécois, notre façon d’être Canadiens » pour reprendre les négociations constitutionnelles et faire adhérer le Québec à la Loi constitutionnelle de 1982. Dans ce document, on retrouve sous la section 4.1 « La déclaration d’affirmation » le suivant : « Ce que...

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Les chartes, ce phénomène extraterrestre – William Korbatly

Oui. J’ai bien dit e-x-t-r-a-t-e-r-r-e-s-t-r-e. Les chartes des droits et libertés existent sur notre planète certes, mais il me semble qu’on ne sache pas réellement pourquoi elles sont là, ni au bénéfice de qui. Ces chartes, ces étranges créatures. Ce billet ne s’adresse pas à mes consœurs et confrères juristes, que je présume toutes et tous de savoir ce qu’est une charte de droits et libertés. Il s’adresse plutôt à Madame & Monsieur Tout-le-Monde du monde des mortels et qui ne sont pas nécessairement bien informés sur la signification d’une charte, son rôle, son champs d’application et le mécanisme de cette application. Ça mange quoi en hiver, une charte? Selon le Larousse, c’est un « Écrit solennel qui était destiné à consigner des droits ou à régler des intérêts. Ensemble de lois constitutionnelles d’un pays. (Avec une majuscule le plus souvent.) Loi, règle fondamentale : La charte des droits de l’homme. » En ce qui concerne le rôle d’une Charte, elle est là pour protéger les citoyens d’un pays quelconque, peu importe leur origine, confession ou croyance, des violations de leurs droits fondamentaux cités dans cette charte par le gouvernement de ce pays ou ses citoyens. Dans notre cas au Québec, on a deux chartes, la Charte québécoise des droits et libertés et la Charte canadienne des droits et libertés. Pour ce qui est des champs d’application, la charte canadienne s’applique aux relations entre les organismes publics et les citoyens. La charte québécoise, quant à elle, s’applique aux relations entre les organismes publics et les citoyens ainsi qu’aux relations entre les citoyens eux-mêmes. Pour faire valoir nos droits, il existe plusieurs mécanismes et moyens de le faire; le plus fort et contraignant étant la voie judiciaire. Il est important de mentionner qu’il n’existe aucune hiérarchie entre les droits protégés dans la...

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