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Vincent Lemelin

Critique : Les Mouvements du Coeur de l’OSQ

C’est une de mes faiblesses, face à la chose théâtrale ou orchestrale, je suis aisément prenable, telle la France de juin 40, pourvu qu’elle ait lieu devant moi. C’est bête pour un critique. Pourtant, face aux Mouvements du Coeur interprété par l’Orchestre Symphonique de Québec, je fus tel l’Afghanistan: bombardé, mais jamais conquis. Peut-être vais-je trop vite. Voyez, les Mouvements du Coeur sont le fruit de la collaboration d’un cardiologue et d’un compositeur auxquels le travail, du premier, a inspiré, au second, le projet d’un morceau musical, lui-même inspiré des phases de la vie et surtout, du rythme cardiaque. Qu’on ne comprenne ou pas que les deux compères en aient eu envie, on ne peut que se demander comment l’OSQ a pu en avoir envie. Aucun talent d’interprétation ne pourrait empêcher la composition du Bellemare de n’être qu’une déplaisante et bruyante cacophonie au rythme inégal qui à défaut de chauffer le cœur, saccage le tympan. Les divers mouvements semblent surtout constitués d’un melting-pot de différentes musiques de films, sans doute fantastiques puisque ces notes, déjà entendues quelque part, ont le pouvoir de ralentir le pouls alors qu’elles voudraient en faire… on ne sait trop quoi de bruyant. Mais ce qui n’aurait été qu’un mauvais spectacle de fin d’année scolaire devient carrément ridicule de par l’indigence des paroles — poétiques — composée par le Dr Reeves. Ainsi, bienheureux celui qui retient son fou rire alors que le chœur entonne sur des airs épiques les mots « palpiiiiiitatiooooooon » ou « aryyyyyyythmiiiiiiiiiie » — à mauvaise fortune bon cœur. Bien que je ne sois ni docteur ni parolier, je veux bien lui donner ce conseil: à l’avenir, composez votre texte en latin, car comme pour la messe, ça sonne moins con. Et comment expliquer qu’à la fin du supplice, le public...

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The Post ou la fin d’un âge d’or

Spielberg ne prend pas de risque. La critique reconnaissante lui rend hommage. Car à Hollywood, lorsqu’on ne nous refile pas un énième opus d’une trilogie de super héros, on se rabat sur les héros du quotidien. Et à cette formule, le public reconnaissant rend hommage. Nous n’y trouvons rien à y redire! Et passons directement. The Post nous plonge dans un ou plutôt des âges d’or finissants. D’abord, celui du patriarcat. Le film en a fait son thème principal et on le conçoit, mais parfois il en fait trop — et c’est malheureux. Oh! rien qui ne soit choquant pour le spectateur, juste quelques fils blancs ici et là. Le second âge d’or finissant, c’est celui d’une certaine presse écrite et, j’ajoute, lue. Là, le film est beaucoup plus subtil. Et il faut être attentif. Ainsi, lorsqu’on écoute tous les dialogues, parfois secondaires, on apprend qu’un journaliste vedette n’a rien publié pendant quatre mois, temps durant lequel il s’est consacré à une piste d’ampleur et à vérifier toutes ses sources. On glane aussi, que cet article fera six pages dans le New York Times. Enfin Katherinne Graham, que campe merveilleusement bien Meryl Streep malgré des problèmes de perruque, propriétaire d’un journal n’a aucune influence sur le contenu de celui-ci. Ce qui se retrouve dans les feuilles du journal ne dépend que de son rédacteur en chef Benjamin Bradley incarné par Tom Hanks. Imaginez! Pour rappel, ce journal est le Washington Post. Sans faire trop le Maya, on peut affirmer qu’un âge qui se termine c’est aussi un âge qui débute. Avec The Post et les Washington Papers, c’est l’époque des “Gates” qui commencent et qui enfle depuis. Mais c’est aussi celle des femmes ouvertement ambitieuses, fonceuses et pour qui les postes dits masculins s’ouvrent et pas juste de patronne....

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