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Guillaume Ratté-Côté

Guillaume Ratté Côté est politologue, membre fondateur de la CAQ et directeur général de CJMD 96,9 FM, l'Alternative radio.

Un peu de dédramatisation – Guillaume Ratté-Côté

Dramatiser est un comportement répandu chez le genre humain. Trop de gens seront tentés de dramatiser la situation qui prévaut actuellement en ce qui a trait à l’immigration et aux groupements pseudo politiques qui s’affrontent. Ce serait l’ère des miliciens. Ce serait l’invasion barbare endossée par des dirigeants cachant leurs plans en ce sens. Ce serait la montée du fascisme. Dédramatisons un peu. Ce genre d’agitation est cyclique et revient de moins en moins durement, malgré quelques soubresauts. Nous sommes très loin de l’ère du FLQ, encore plus des années où la ségrégation du sud s’est terminée dans le chaos. Les pires moments aujourd’hui sont de l’acabit des anecdotes perçues comme bénignes il y a peu de temps. Tout de même, il y a de quoi prendre un pas de recul et réfléchir. Il est possible de former un groupe qui remet en question l’immigration sans être un nazi. Le nazisme a été vaincu au prix de millions de vies, dont des dizaines de milliers étaient canadiennes. Il ne doit pas être toléré et il est compréhensible que ceux soupçonnés d’y être sympathiques suscitent les pires sentiments et dispositions. Toutefois, dans toute situation difficile, la recherche du dénouement idéal requiert la recherche de l’équilibre et la patience nécessaire à s’approcher au plus près de la vérité. Battre un énergumène qui fait le salut nazi est donc loin d’apporter une contribution, aussi séduisante cette idée puisse-t-elle être par moments. S’octroyer le droit de se faire justice, c’est ni plus ni moins qu’une enjambée vers le totalitarisme. La bonne nouvelle, c’est que parmi tous ces gens qui s’agitent à tort et à travers par les temps qui courent, aucun ne prône ouvertement le totalitarisme. Il y a donc peut-être bien plus d’espoir qu’il n’y paraît. Chacun peut trouver un terrain d’entente....

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Fêtes nationales, moment propice aux comparatifs. – Guillaume Ratté-Côté

En cette période où Canadiens et Américains fêtent leurs identités nationales, il est inévitable qu’on nous ressorte le discours nous présentant l’Amérique comme l’exemple à suivre en matière d’organisation d’une société. Ils auraient trouvé cet équilibre parfait entre gouvernement et liberté et nous serions, au nord, ô combien plus interventionnistes et liberticides. Cela est loin d’être si évident. Les Américains ont, au minimum, leur lot de pratiques discutables en termes de libertés individuelles. Dans plusieurs États, on vous mettra, encore aujourd’hui, derrière les barreaux pour de longs mois pour avoir eu en votre possession de petites quantités de drogues douces. Tout cela bien sûr, aux frais des contribuables et au profit d’entreprises privées gérant les prisons, qui par ailleurs peuvent dépenser à leur guise pour appuyer un candidat politique. Penser que ce financement politique débridé représente le comble de la liberté serait une erreur de taille. Un sénateur en poste pour 6 ans doit amasser environ 60 000$ par semaine dès son entrée en fonction pour espérer être réélu. Imaginez un peu les pressions qu’ils subissent pour lever des fonds aussi grands! En résultent des réglementations favorisant certaines entreprises au détriment du bien-être des citoyens en général et des générations futures. Parlez-en à ceux qui ont développé un cancer du poumon simplement parce qu’ils vivaient en Virginie-Occidentale entourés de mines de charbon exploitées presque sans encadrement. Ou encore, à ceux qui ont développé le même genre de troubles de santé parce qu’ils aimaient avoir un beau gazon. Ou à ceux qui craignent pour la santé de leurs enfants près de Cape Fear River en Caroline du Nord, parce qu’on a permis le déversement de produits chimiques dans le cours d’eau où leur eau «potable» est puisée. Ai-je besoin de rappeler que la liberté de l’un s’arrête où celle de l’autre...

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Pour la droite: moins de purisme, plus de résultats – Guillaume Ratté-Côté

Il semble exister des gardiens autoproclamés d’une orthodoxie de droite au Québec. Cela existe ailleurs, évidemment. Le problème est qu’au Québec, la droite est cantonnée à l’opposition depuis des décennies. Certains diront que la présence de ces moines zélés défenseurs d’une pureté arbitrairement établie du conservatisme, même si engluée dans un conformisme assimilable à certaines religions (dont particulièrement une sur laquelle ils aiment généralement cracher…) est préférable à leur absence des rangs de ceux qui veulent moins d’État et plus de responsabilités individuelles au Québec. Nous avons besoin de tous les appuis possibles, déclareront-ils dans leur vision de victime ou d’envers et contre-tout-isme à la Don Quichotte plus que nuisible, quand on y pense bien. Qui veut d’une victime comme chef d’État? Peut-être est-il au contraire temps que s’exerce une asepsie au sein de ce mouvement. Je crois que sans cette opération, ses idées et les apports pouvant en découler dans notre société sont condamnés à la marginalité. Premièrement, comme mentionné d’entrée de jeu, parce qu’il est prouvé que la victoire de cette façon est inenvisageable. Il n’y a qu’à voir les résultats obtenus par le PCQ à chaque élection et chaque partielle. Des poussières. Un peu à la façon des puristes de Québec solidaires ou d’Option nationale qui empêchent que la fusion avec le seul parti ouvertement progressiste, mais ayant véritablement des chances de prendre le pouvoir, de se faire. On multiplie les foyers de division du vote pour se donner de l’importance et montrer fièrement son niveau de conformisme. Ensuite, et surtout, parce que l’entrée au pouvoir d’un parti ayant ne serait-ce qu’une acceptation tacite du fait que l’État, au Québec, en est à inverser son rôle de générateur de justice sociale tellement il s’est nourri lui-même, est extrêmement pressante. Il est impératif de sortir du dogmatisme...

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